Projet de Loi de Finance 2008 / Ministère de l'Education nationale

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Bleu du budget de l'Education Nationale                             Projet Annuel de Performances (PAP) de l'enseignement scolaire

 

Enveloppe de 59,26 milliards d'euros, quasiment stable par rapport à 2007 (-0,005%) soit 22% du budget de l'Etat, dont il constitue la principale mission. 96% de ces crédits sont affectés à la rémunération de "1,1 million de fonctionnaires qui assurent le service public d'éducation" pour 12 millions d'élèves, rappelle le projet.
Ce sont, cette année encore, les collèges et lycées qui paieront le prix fort des suppressions avec 12.400 suppressions nettes d'équivalent temps plein, pour 840 créations au primaire, selon le projet de loi de Finances 2008.
Ces suppressions se justifient, selon Bercy, pour 1.800 au titre de la baisse des effectifs d'élèves dans le secondaire et pour 2.040 au titre des "surnombres disciplinaires".
4.200 équivalents temps plein (18 heures hebdomadaires pour les certifiés, 15 heures pour les agrégés) seront "économisés" grâce aux heures supplémentaires défiscalisées (130 millions d'euros).
1.000 personnels administratifs ne seront pas remplacés.
Le budget confirme en outre la création de 300 emplois d'infirmières scolaires et de 200 unités pédagogiques d'intégration (UPI) pour les élèves handicapés.
Alors que la commission pour l'avenir du métier d'enseignant a été installée lundi par François Fillon, 120 millions d'euros ont de plus été budgétés pour des "mesures catégorielles".
Une enveloppe de 140 millions d'euros enfin sera affectée au paiement en heures supplémentaires défiscalisées des enseignants prenant en charge des heures d'études dirigées après la classe dans l'ensemble des collèges en 2008. 

Source : Nouvel Observateur

 

 

L'UNSA Education et 13 autres organisations appellent à signer une lettre ouverte au président de la République

Monsieur le Président,

Améliorer la réussite scolaire de tous les jeunes, il n’y a rien de plus urgent !

Vous semblez découvrir ce que nous n’avons cessé de dénoncer : après des années de progrès constants, de hausse du niveau de formation des jeunes, le système éducatif peine encore à remédier à l’échec scolaire de milliers de jeunes en difficulté.

Mais cette crise est d’autant plus urgente à traiter qu’elle s’inscrit dans une société qui voit grandir les inégalités sociales et territoriales. S’il y a des difficultés dans l’Ecole, elles renvoient aussi, tout le monde le sait, à des difficultés vécues au quotidien hors de l’école par des milliers d’enfants et de jeunes. Non, tous les enfants n’ont pas les mêmes chances au départ, tous les jeunes n’ont pas les conditions de vie, de santé, d’équilibre qui leur permettent, sans accompagnement, d’accéder aux apprentissages, de se projeter dans l’avenir.

Aider efficacement les jeunes les plus en difficulté, former les enseignants pour cela, combattre les inégalités sociales et le danger que représenterait l’instauration d’une Ecole à deux vitesses, ouvrir un avenir positif pour tous les jeunes, rien de plus difficile, rien de plus compliqué sans doute, mais rien de plus indispensable pour les jeunes, pour nous, pour l’avenir du pays. C’est pourquoi l’Ecole doit réussir à se transformer.

C’est ce défi là que doit relever le Service Public d’Education, parce qu’il est le seul à pouvoir le faire, pour tous, et pas seulement pour les plus favorisés ou les « méritants ».

C’est une question d’avenir, c’est un enjeu de démocratie.

« Egalité des chances » ou « ambition-réussite », ces grands mots, tout comme les polémiques stériles sur les méthodes d’enseignement, ne peuvent tenir lieu de politique de transformation démocratique de l’Ecole.

Au contraire, supprimer des milliers de postes, réduire l’offre d’enseignement pour tous, libéraliser la carte scolaire pour laisser se développer des ghettos scolaires, jouer la concurrence entre établissements, annoncer un collège éclaté, favoriser l’école privée, c’est menacer gravement le service public. Comment avancer avec une politique guidée par la seule réduction des coûts ?

Tristement historique, la suppression de 11 200 emplois dans l’Education nationale (et peut-être plus dans les années à venir), s’ajoutant aux milliers déjà subies, annonce encore plus de précarité, de difficultés, pour tous, personnels, familles, élèves. C’est inacceptable.

L’école, les enfants et les jeunes méritent mieux.

L’avenir des enfants d’aujourd’hui, leur formation de citoyen et leur insertion professionnelle ne peuvent pas se réduire à un problème de « rentabilité » du système, encore moins s’organiser en sélections successives avant le collège, les lycées ou l’université.

Leur avenir se joue dès la maternelle, il se joue dans des classes moins chargées, il se joue dans un collège pour tous, il se joue dans la mise en oeuvre de pédagogies et d’organisations prenant en compte chacun, permettant l’accès de tous aux savoirs, à la culture. Il se joue certes avec des études dirigées, mais aussi et surtout avec une meilleure cohésion de la communauté éducative, des enseignants formés, des personnels pour accompagner, aider à tous les niveaux enfants et adolescents.

Nous voulons une politique éducative ambitieuse faisant avancer notre École publique en mettant au coeur la réussite de tous les jeunes. Nous voulons pour cela d’autres choix, un autre budget, une autre politique.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le président de la République, l’expression de notre haute considération.

Cé, CRAP-Cahiers pédagogiques, FAEN, FCPE, FERC-CGT, FIDL, FSU, GFEN, ICEM-Pédagogie Freinet, Ligue de l’enseignement, SGEN-CFDT, UNEF, UNL, UNSA Education.

signer la lettre ouverte