Une négociation salariale qui tourne à la farce


Le ministre de la Fonction publique Eric Woerth et son secrétaire d'Etat, George Tron, avait convoqué les organisations syndicales ce matin, vendredi 26 juin, afin d'entamer la négociation salariale de 2010 et aussi celle pour la période 2011-2013.

L'UNSA Education était présente dans la délégation de l'UNSA Fonction Publique.

La séance ouverte à 9h30 s'est terminée en moins d'une heure.

M. Woerth a ouvert avec un discours lu au pas de charge avec plein de chiffres que personne n'a pu noter tellement il allait vite...

Ce discours n'avait pour but que de nous dire que le pouvoir d'achat des fonctionnaires avait progressé depuis 2008 (+ 1,9 %).

Il a vanté la GIPA (garantie individuelle du pouvoir d'achat, les HS défiscalisées, la PFR (prime de fonction et de résultat), l'intéressement collectif, la réforme du B etc…

Il a même osé prendre l'exemple d'un professeur des écoles pour nous dire que son pouvoir d'achat avait augmenté depuis 2008...entres autres grâce aux mesures indemnitaires...

Tout son discours tendait à nier le concept de déroulement de carrière en amalgamant progression de pouvoir d'achat et promotions d'échelon, de grade ou de corps.

Sur la mesure attendue et promise de l'augmentation de + 0,5 % au 1/7 prochain, il a osé nous dire que la décision n'était pas encore prise et qu'elle est à l'arbitrage du gouvernement. Nous devrions connaître le résultat lors d'une seconde réunion qui devrait être convoquée autour du 1er juillet prochain.

Pour mémoire, si gel des +0,5% il y a, cela reviendrait à une baisse de PA compte tenu de l'inflation de 2010 et l'augmentation sensible des cotisations retraites, ce qui est sans précédent.

Si la mesure de "gel" est prorogée jusqu'en 2013, la perte cumulée pour 2000-2013 serait de l'ordre de 20% (7% d'inflation prévue par l'INSEE pour 2011-2013 à ajouter aux 13% déjà perdus)!

Vous trouverez en pièce jointe la déclaration commune faite en séance par les 8 organisations syndicales de la Fonction publique.

Après son discours, les syndicats ont demandé une suspension de séance à la suite de laquelle ils ont quitté la séance.

L'UNSA Education condamne l'attitude du gouvernement qui a visiblement décidé d'aggraver encore sa politique de rigueur et d'affaiblissement du service public.