La direction de l'encadrement n'était pas compatible avec une gestion des ressources humaines autocratique et autoritaire...
 

14-10-2010 : Communiqué de presse du SI.EN-UNSA Education

Connaissez-vous le nouveau mode de management du Cabinet du ministre de l’Education nationale ? Quand un dispositif ne cadre plus avec les orientations politiques, il suffit de le déclarer obsolète ou inadapté.

La dernière victime en date est la direction de l’encadrement qui apparaît soudainement incompatible avec une « gestion intelligente des ressources humaines ». Qui a pris cette décision ? Mais tout simplement le Cabinet lui-même, lequel est bien sûr omniscient en matière d’analyse du fonctionnement du système éducatif et fonctionne dans une autocratie de bon aloi.

A quoi bon en effet consulter les personnels et leurs représentants ? Les échanges avec les organisations syndicales apparaissent sans doute à ces dirigeants comme « inadaptés à une gestion intelligente du pilotage ». Qu’importe, en effet, qu’il y a quelques semaines le directeur de la DE ait réuni les organisations syndicales représentatives des inspecteurs pour établir avec elles un calendrier social pour l’année scolaire, qu’importe qu’un rendez-vous ait été pris avec ces mêmes organisations pour traiter du problème pendant du reclassement des inspecteurs recrutés par concours en 2007 et déclassés par rapport à leurs collègues recrutés ultérieurement. Ce ne sont après tout « que » 125 collègues, soit 7% du corps qui sont concernés. Qu’importent les axes de réflexion sur lesquels le directeur s’était engagé…

Qu’importe au bout du compte l’avis des cadres, ils peuvent être rassurés : dans la nouvelle gestion imaginée par le ministre et son cabinet, ils n’auront plus à s’interroger puisque qu’ils perdent tout regard sur « l’intelligence du système », laquelle relèvera désormais exclusivement du champ politique.

Il faut dire que nous n’avons aucun souci à nous faire : les services de la DGRH ont montré encore tout récemment leur conception de « l’intelligence » en matière de pilotage du système : dans le cadre de l’élaboration des fiches métiers de la Fonction Publique, ces services d’une redoutable et moderne efficacité ont réussi l’exploit de réunir au pied levé quelques inspecteurs recrutés en urgence pour leur faible éloignement de Paris, en négligeant totalement les représentants élus que ce soit pour le corps des IEN ou des IA-IPR. Il est vrai qu’il n’était question que du devenir de ces corps, sujet pour lequel il est évident que, dans les nouvelles représentations du ministère en matière de dialogue social, les organisations syndicales représentatives n’ont rien « d’intelligent » à dire.

Cette mesure de suppression de la direction de l'encadrement, prise sans la moindre concertation, s’inscrit malheureusement fort bien dans l’acharnement que met ce ministère à détruire l’Ecole. Celui-ci s’explique sans doute par le fait que notre système éducatif, sur l’inefficacité duquel il est de bon ton politique de gloser, réussit encore malgré les coups qui lui sont portés, à former des populations plus intelligentes que soumises, ce qui est tout à fait « incompatible avec une gestion des ressources humaines autocratique et autoritaire »...