Intégralité de la conférence de presse

Conférence de presse du 23 mai 2002

Les priorités pour réduire la fracture scolaire
Conférence de presse de Luc Ferry, ministre de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche, de Xavier Darcos, ministre délégué à l'enseignement scolaire et de François Loos, ministre délégué à l'enseignement supérieur et à la recherche

    Extrait

L’encadrement

 

Aux six chantiers prioritaires, il convient d’adjoindre celui qui constituera un levier essentiel de notre action, celui qui nous permet de piloter l’éducation nationale : l’encadrement.

 

Les évolutions que l’éducation nationale a connues depuis les lois de décentralisation et celles qu’elle est appelée à connaître dans les années à venir, conduisent à repenser sur des bases nouvelles la politique de l’encadrement. S’il est essentiel que les principes fondamentaux - ceux qui correspondent, en quelque sorte, aux fonctions régaliennes de l’Etat - soient définis au niveau national, la complexité du système éducatif, le partenariat avec les collectivités territoriales, la nécessité de développer l’autonomie des établissements, imposent une relance de la déconcentration. Les bonnes solutions doivent pouvoir être trouvées au niveau le mieux adapté dans le cadre des principes du service public d’éducation. S’il revient à l’Etat de définir les fins, les acteurs doivent bénéficier de larges espaces d’initiative en ce qui concerne la mise en œuvre.

Ce pilotage souple du système éducatif, le seul possible et efficace aujourd’hui, appelle une politique ambitieuse de l’encadrement. Il ne s’agit plus, en effet, pour les cadres d’appliquer des instructions mais de mobiliser les acteurs, de les aider à percevoir le sens des démarches proposées, de les habituer à agir selon l’esprit plus que selon la lettre et d’être capables d’évaluer et de réguler les pratiques constatées aux différents niveaux du système éducatif.

Les cadres de l’éducation nationale doivent donc avoir une vision d’ensemble du système éducatif et des modes d’action possibles. Leurs champs de compétences ne peuvent plus être cloisonnés et bien des distinctions traditionnelles, comme celle qui opposait pilotage pédagogique et pilotage administratif, sont aujourd’hui obsolètes. Du même coup, bien des fonctions définies selon les logiques antérieures paraissent aujourd’hui brouillées, ce qui explique le malaise qu’expriment de nombreux corps d’encadrement, les inspecteurs pédagogiques régionaux notamment. Si un effort de re-fondation a été fait récemment pour les personnels de direction, il est aujourd’hui urgent de redéfinir les missions des personnels d’inspection à tous les niveaux du système éducatif. Ce constat impose plusieurs priorités :
     -  réorganiser le pilotage du système éducatif dans une logique de subsidiarité ;
     -  redéfinir les missions des corps d’inspection et réorganiser leurs activités ;

     -  rendre les fonctions d’encadrement plus attractives pour améliorer les recrutements ;
     -  identifier au sein du ministère un pôle fort de direction de l’encadrement ;
     -  développer l’actuelle école supérieure des personnels d’encadrement pour lui permettre de jouer un rôle plus important à la fois en matière de formation initiale et de formation continue des personnels d’encadrement, tout en devenant l’équivalent d’un institut des hautes études de l’éducation nationale.