revalorisation indiciaire

 résultats et commentaire de la consultation du 11 octobre 2005

A l'issue de la séance de négociation tenue le 3 octobre, le ministre de l'Education nationale avait fait connaître aux organisations représentatives les mesures qu’il envisageait de prendre pour répondre aux attentes des IEN. 

Face à des enjeux importants pour l’avenir du métier, le SI.EN avait demandé à chaque inspecteur de se prononcer sur ces propositions et de dire clairement si elles lui paraissaient constituer une étape acceptable vers les nécessaires évolutions attendues. 

Les résultats de la consultation organisée par notre syndicat s’établissent de la manière suivante :  

Sur 1118 mandats attribués aux académies, 1048 ont été répartis,  

ITEM1 =   les propositions doivent être acceptées, le mouvement en cours peut être levé, mandat est donné au BN pour poursuivre la défense des intérêts des IEN dans le cadre de la négociation

 

582      soit       55,6%

ITEM 2 = les propositions doivent être rejetées, le mouvement en cours doit être maintenu, mandat est donné au BN pour réunir un Conseil Syndical extraordinaire afin de préciser les actions à venir

 

430      soit       41,0%

 

ITEM 3 = refus de se prononcer

 

 

 

  36      soit         3,4%

Ces résultats montrent que la majorité des syndiqués, rejointe du reste par la majorité des non syndiqués, reconnaît que les mesures proposées ne sont pas dépourvues d’intérêts pour le corps, mais surtout pour ceux de nos collègues actuellement bloqués en fin de classe normale.  

En revanche, la quasi unanimité des inspecteurs de l’Education nationale déplore que ses revendications n’aient pas été mieux entendues. Pour significatif qu’il soit, l’ajout d’un échelon en fin de classe normale est loin d’épuiser le registre de nos demandes. Plus globalement les mesures proposées répondent à une véritable urgence mais ne suffiront manifestement pas à redonner à notre corps la confiance qui serait pourtant nécessaire pour répondre aux multiples sollicitations dont il fait l’objet.  

Nos interlocuteurs du ministère ne doivent pas s’y tromper : si les inspecteurs reprennent l’exercice normal de leurs missions dès demain, ils mandatent clairement leurs syndicats pour poursuivre les négociations et obtenir de nouvelles évolutions. Le SI.EN-UNSA-Education restera le fer de lance de ce nouveau combat. Fidèle à ses engagements il s’attachera à maintenir la cohésion qui a caractérisé l’action menée jusqu’à ce jour ; conscient des responsabilités qui lui ont été confiées dans le cadre des élections professionnelles, il mobilisera toutes ses ressources pour que soient mieux reconnus le rôle et l’engagement professionnel des inspecteurs.  

Il est normal que nombre d’inspecteurs soient déçus. Ceux qui espéraient qu’enfin un ministre entendrait leurs aspirations et percevrait leur légitimité ne peuvent que regretter que les avancées ne soient pas plus nettes. Certes, le compte n’y est pas, et qui parlerait aujourd’hui de victoire ne serait pas digne de la confiance des syndiqués. Y a t’il  donc paradoxe puisque la majorité s’est exprimée en faveur de la levée des actions de blocage initiées jusqu’alors ? Pas du tout : ce qui est acté, c’est qu’une étape a été franchie. Elle permet de renouer le dialogue avec le ministre. Par la création d’un échelon supplémentaire en fin de classe normale, une injustice majeure, doublée d’une aberration indiciaire, a été rattrapée. Les inspecteurs ont exprimé majoritairement leur satisfaction devant cette évolution, mais ils ne sauraient s’en contenter. La confiance minimale nécessaire à un véritable dialogue vient d’être établie. Elle est encore fragile et nous devons tous espérer que le ministre sera attaché, comme nous le sommes, à entretenir cette confiance par des actes concrets qui seront seuls à même de convaincre les réticents et les dubitatifs.  

S’il est une leçon que nous pouvons d’ores et déjà tirer de ces quelques semaines d’action, c’est que les inspecteurs se sont montrés capables de se solidariser et, quand cela s’avère nécessaire, de marquer leur refus de se soumettre à une hiérarchie qui menace plus qu’elle n’écoute. Quand cette action a pris de l’ampleur, d’aucuns ont cru pouvoir la briser par la répression. Quelle fatuité ! Si les avancées accordées à ce jour ne sont pas à la hauteur de ce que nous espérions, l’ampleur de la mobilisation est une réussite exceptionnelle et nous pouvons gager que, demain, nul n’osera plus sans crainte laisser se développer la colère des inspecteurs.  

Bien sûr les académies seront apaisées, mais la force de notre mobilisation ne s’éteindra pas ; porté par elle, le Bureau National s’engage, une nouvelle fois, à porter avec ténacité devant le ministre les aspirations des inspecteurs de l’Education nationale à une légitime reconnaissance.  

Pour le Bureau National
Patrick ROUMAGNAC