MOSART : un dispositif qui pose plus de problèmes qu'il n'en résout...

                       

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25-05-2010 :

Nouvel avatar des logiciels qui réussissent la gageure de nous compliquer la vie au quotidien, MOSART génère d'inévitables tensions. Le SI.EN ne cherche en aucune manière à remettre en cause la nécessité de faciliter les opérations de gestion des tâches administratives, mais ceci ne peut se faire en dépit du bon sens.

Dans le contexte du déploiement incontrôlé d'un dispositif complexe, nous appelons tous les inspecteurs à respecter deux règles simples :

- ne produire aucun document susceptible de remettre en cause la crédibilité de leurs déclarations ;

- refuser toute forme de compromis remettant en cause leurs compétences.

 

Ces deux principes ont deux conséquences tout aussi simples :

 

- nous engageons les inspecteurs à ne valider aucune liste de grévistes qui dépasserait le cadre de la simple transmission des déclarations des enseignants ;

- nous les engageons aussi à refuser de communiquer leurs codes individuels de connexion à qui que ce soit

 

Les responsables académiques et départementaux du SI.EN sont appelés à faire connaître cette position à tous les responsables hiérarchiques locaux (recteurs et IA-DSDEN) et à alerter le national pour toute difficulté.

 

Message de nos collègues de Lyon au recteur de l'académie... Vous pouvez vous en inspirer !

 

Monsieur le Recteur,


Le 18 mars, nous avons reçu par courriel une note du rectorat, datée du 11 mars 2010, relative à la modernisation des procédures de retenues sur traitement pour absence de service fait.

Les délégués départementaux du SIEN que nous sommes ont fait l’objet de multiples sollicitations de la part des inspecteurs de circonscription quant à la mise en œuvre de ce deuxième lot de l’application Mosart. Cette nouvelle charge de travail arrivée très soudainement et sans annonce préalable nous a amenés, en lien avec notre structure nationale du SIEN à prendre une position commune dans l’académie. Nous avons fait savoir à nos inspecteurs d’académie respectifs que, compte tenu du délai imparti pour l’appropriation de cet outil, des questions de fiabilité des données à recueillir, et surtout compte tenu de la charge de travail importante nouvelle pour nos secrétariats, nous ne procèderions pas pour le moment, au renseignement de l’application.

La charge de travail de nos secrétaires et des inspecteurs s’est beaucoup alourdie ces dernières années : gestion de la mise en place du droit d’accueil, recensement exhaustif du pourcentage de grévistes dans chaque école, organisation de l’aide personnalisée et des stages de remises à niveau. D’une manière plus générale, la mise en place de la nouvelle politique pour l’école a beaucoup mobilisé les équipes de circonscription en termes d’impulsion et de suivi. Nous avons eu à cœur, à chaque nouvelle exigence, de répondre aux attentes de l’institution avec toute la rigueur et la loyauté qui s’impose.

Il ne s’agit pas pour nous de refuser notre part de responsabilité dans la gestion du service des personnels enseignants. Il ne s’agit pas non plus de refuser l’usage de nouveaux outils permettant une gestion plus aisée et plus rapide. Nous souhaitons, par ce positionnement collectif concernant les mouvements de grève des 12 et 23 mars, affirmer également notre détermination à être mieux associés et mieux préparés aux mutations nécessaires de notre institution. Nous pensons qu’en l’occurence, il serait tout à fait paradoxal que la modernisation d’une procédure provoque son alourdissement et amoindrisse la fiabilité de ses résultats .

Nous savons également que d’autres académies ont choisi d’autres modes de déclaration, plus rapides et plus sûrs, sans l’intermédiaire d’un échelon administratif supplémentaire . L’académie de Clermont-Ferrand, par exemple, a fait le choix d’une déclaration individuelle par connexion directe de chaque agent sur l’application de gestion.

Nous renouvelons à ce sujet notre proposition faite dans notre précédent courrier : les inspecteurs syndiqués au SI.EN, et tout particulièrement leurs représentants, sont prêts à vous rencontrer pour voir avec vous sous quelles conditions et selon quelles modalités l’utilisation d’un outil comme MOSART pourrait être envisagée à l’avenir.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Recteur ; en l’assurance de notre loyauté et à notre attachement à un service d’encadrement de qualité.


 

Un autre exemple de message ; il nous est envoyé par les inspecteurs du Pas-de-Calais.

Monsieur l’Inspecteur d’Académie,

Suivant la mise en œuvre de la nouvelle application MOSART et en cohérence avec nos collègues du département du Nord, nous exprimons notre mécontentement relatif à ce nouveau transfert de charge vers les secrétariats de circonscription sans concertation ni réflexion préalable, contrairement à la position prise par Monsieur le Recteur DUBREUIL lors de notre dernière audience syndicale.


Plus généralement et par respect pour nos équipes et leur devenir, nous réitérons la légitime revendication d’être effectivement associés à toute évolution envisagée dans l’organisation des missions des secrétariats de circonscription, qu’il s’agisse de nouvelles tâches ou d’éventuels projets de restructuration de services.


A propos de l’applicatif MOSART, nous vous informons de notre intention de nous conformer au mot d’ordre national du SIEN-UNSA consistant à nous en tenir à la seule transmission des déclarations sans nul autre forme de contrôle ou de validation. Il nous est en effet tout à fait impossible de vérifier les présences des enseignants dans les écoles. Dès lors, ce n’est que sur la base de leurs déclarations qu’il sera possible de savoir s’ils ont assuré ou non leur service.


Par ailleurs, nous n’accepterons pas de communiquer nos identifiants et codes de compte de messagerie académique pour permettre l’accès au serveur. La clé OTP qui nous a été fournie est sensée nécessiter notre propre identifiant et substituer à notre code d’accès personnel un code généré par cette clé. Nous doutons que cette mesure garantisse l’inviolabilité de nos comptes personnels, de la même façon que la nécessité d’utiliser notre identifiant est remise en cause par l’accès aussi simple de nos secrétaires avec leurs identifiants et codes personnels. Il semble donc que la clé OTP ne soit ni indispensable ni sûre.


Dans l’attente qu’une vraie volonté de concertation soit engagée avec les IEN aussi bien au niveau départemental qu’académique, nous demeurons à votre disposition et vous assurons, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, de nos plus respectueuses salutations.