MOSART : des menaces inacceptables qui ne remettent pas en cause notre détermination...

                       

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05-09-2010 :

De nombreux IA-DSDEN ont présenté aux IEN, de manière souvent gênée mais aussi parfois avec une rare maladresse, un courrier dans lequel le directeur de Cabinet du ministre donne toute la mesure du mépris qu'il a à notre égard.

Ceux qui n'auraient pas eu connaissance de cette note pourront en prendre connaissance en cliquent sur les images ci-dessous :

       

Certains d'entre vous pourraient être surpris de la référence faite au courrier envoyé au "syndicat national des personnels d'inspection" ; il n'auraient pas tort car le SI.EN-UNSA Education n'a jamais reçu la moindre lettre sur ce sujet. Ceci n'est du reste guère surprenant, puisque le mot d'ordre que nous avions rappelé le 25 mai 2010 est à la fois mesuré et fondé sur des arguments qui ne sont nullement évoqués par M. Gustin.

Nous rappelons une fois encore que nous ne sommes nullement opposés à l'utilisation d'outils de gestion facilitant le traitement de l'information et qu'il nous semble parfaitement légitime qu'un service non fait soit signalé pour que la retenue sur salaire correspondantes soit mise en oeuvre. Ce que nous contestons, c'est l'utilisation d'un outil qui d'une part alourdit les traitements de l'information qui étaient appliqués préalablement et, d'autre part, induit des dysfonctionnements problématiques.

Cette analyse, qui choquera sans doute M. le chef de Cabinet dans le superbe isolement de son bureau de Grenelle, est pourtant largement étayée par les observations de terrain :

- de nombreux inspecteurs nous signalent que dans l'application les listes d'enseignants qui sont censés exercer dans un établissement sont souvent erronées et largement incomplètes, ce qui oblige l'inspecteur à saisir manuellement les noms des grévistes (opération qui doit du reste être renouvelée à chaque mouvement social),

- aucun inspecteur n'est en mesure de contrôler l'effectivité de la position de gréviste de l'ensemble des enseignants de sa circonscription (et ce d'autant moins qu'il a parfaitement le droit d'être gréviste lui-même !), ce qui l'oblige à se baser exclusivement sur du déclaratif avec de nombreux risques d'erreur,

- il est aussi aberrant que choquant de demander à un inspecteur de donner ses codes d'accès personnels (codes qui ouvrent sur des informations confidentielles et/ou privées) à sa secrétaire ou à qui que ce soit.

 

Le caractère absurde de cette application loin d'être stabilisée dans son fonctionnement n'a du reste pas échappé à de nombreux responsables hiérarchiques locaux qui enjoignent les IEN d'utiliser MOSART tout en maintenant d'autres dispositifs de recueil de l'information impliquant les personnels eux-mêmes ! A quoi sert dès lors le travail accompli en matière de saisie ?

 

Avant de brandir ses menaces de manière inconséquente, notre cher directeur de Cabinet ferait bien de réfléchir : que se passerait-il demain si les inspecteurs, soucieux de se conformer aux consignes de leur ministre tout en se montrant sourcilleux sur les règles de la Fonction Publique, cessaient de mettre à la disposition de l'Etat tout ce qui relève de leur sphère privée ? S'ils refusaient, par exemple, d'utiliser leurs téléphones portables en émission ou en réception pour tout ce qui relève de leur métier, ou s'ils laissaient au garage un véhicule qu'ils mettent à disposition de la Nation contre une indemnité qui ne représente pas le quart de la dépense engagée, ou s'ils cessaient d'utiliser leur propre matériel informatique quand celui mis à disposition par leur administration est devenu obsolète sans perspective de remplacement ? A menace, menace et demie !...

 

Pour la grève à venir nous appelons les IEN à appliquer strictement le mot d'ordre précédent et à informer leur hiérarchie locale des raisons de notre insatisfaction, ainsi que des risques de dérives liés à l'utilisation d'un outil qui reste à fiabiliser. Bien évidemment, nous rappelons que les inspecteurs eux-mêmes ont parfaitement le droit d'être grévistes (un préavis de grève a été déposé par notre fédération), ce qui rend parfaitement impossible le contrôle qu'ils sont réputés effectuer !

 

Pour éviter de rester dans une situation de blocage délétère, nous demandons au ministre d'entendre nos arguments ; nous sommes prêts à débattre avec ses services des meilleurs moyens de gérer ce dispositif, mais nous refusons qu'on nous impose un protocole qui est coûteux en temps et en énergie, tout en étant moins fiable que celui qui était en vigueur jusqu'alors.