Intervention de Patrick ROUMAGNAC – Secrétaire Général du SI.EN-UNSA Education au CFN (1er juin 2006)

 

Je ne doute pas que mes propos vont surprendre – voire dénoter –  au sein de cette assemblée, mais je tenais ce matin à rendre justice à notre ministre, Gilles de Robien…

Disons-le bien fort : merci M. le ministre d’avoir enfin mis de la clarté dans le débat politique ! Entre droite sociale et gauche libérale, la différence apparaissait souvent comme bien ténue mais vous avez contribué à lever le doute : nous savons maintenant très clairement ce qu’est un ministre de l’Education nationale de droite !

Mais, me direz-vous : comment reconnaître un ministre de l’Education nationale de droite ?

C’est finalement assez simple …

Tout d’abord, le ministre de l’Education nationale de droite sait bien séparer le bon grain de l’ivraie.

Deux exemples tout simples :

-         l’apprentissage junior, on a beaucoup glosé sur ce dispositif mais après tout il serait facile de le résumer en une formule simple : « si vous n’aimez pas l’école, quittez-la ! »…

-         et sortir les élèves les plus brillants des ZEP pour leur faire poursuivre leurs études dans des établissements où il est décent de réussir, n’est-ce pas une bonne manière d’éviter les confusions sociales ?

 

Ensuite, le ministre de l’Education nationale de droite  se doit d’avoir un programme éducatif ambitieux et solidement ancré dans les valeurs du passé.

A cet égard, disons-le, nous frisons l’exploit !

Le coup de l’apprentissage de la lecture touche au génie. Ressusciter le fantôme de la méthode globale pour mieux le pourfendre, ça c’est fort !

Il faut dire ici que Gilles de Robien a su mettre en avant une autre compétence caractéristique d’un ministre de l’Education nationale de droite : s’entourer de bons conseillers.

A cet égard, les dignes représentants du GRIP méritent une mention particulière : entre Boutonnet, la chèvre savante, Brighelli, l’idéologue expert en crétinerie, et Le Bris, le Breton ânonnant, on ne sait que choisir ! Un petit regret pourtant : le SLECC n’a pas eu le courage d’aller jusqu’au bout de ses convictions. Pourquoi, en effet, se replier sur les programmes de 1880 quand le modèle idéal serait plutôt celui de 1630 : « préserver de la lecture ceux que la Providence a fait naître d’une condition à labourer la terre » ?

 

Un ministre de l’Education nationale de droite sait reconnaître et récompenser ses vrais amis… L’école privée en l’occurrence. Des signaux amicaux s’imposent, comme la présence du ministre au congrès de l’UNAPEL et les déclarations enflammées attestant de profondes convergences de vue. Des « petits » cadeaux contribuent aussi à entretenir l’amitié et, à cet égard, les signaux sont aussi clairs que nombreux !

 

Il serait possible de poursuivre à l’envi cette liste non exhaustive des multiples compétences du ministre de l’Education nationale de droite et, disons-le nettement, Gilles de Robien mérite la palme !

 

Merci de tout cœur M. le ministre car en quelques mois vous avez réussi à nous rappeler à quel point nous devions nous solidariser. Vous avez ravivé chez nous le goût de la résistance, vous nous avez aussi montré qu’un vrai ministre de droite était possible… ce qui nous laisse espérer qu’à brève échéance un vrai ministre de gauche réparera les dégâts que vous avez commis.