La construction du rapport à l'écrit

L'écriture avant l'écriture

 

Martine FIALIP-BARATTE

 

 

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L'Harmattan. Avril 2007. 327 pages

 

 

Sous la direction d’Yves Reuter, professeur d’université à Lille 3, Martine Fialip-Baratte a bâti une recherche tout à fait originale sur la construction du rapport à l’écrit chez les jeunes enfants.

C’est en effet un suivi des représentations de l’écrit que l’auteure a réalisé en interrogeant à plusieurs reprises un groupe significatif d’enfants depuis leur entrée à l’école maternelle jusqu’à leur année de cours préparatoire.

Martine Fialip-Baratte montre ainsi que ces représentations existent avant même les débuts de la scolarisation et qu’elles évoluent au fil des années. La confusion existe longtemps entre le dessin, l’écriture et les exercices scolaires. Elle subsiste en particulier chez les élèves de milieu modeste pour qui le rapport à l’écriture tarde à s’installer. Ces enfants ne se pensent pas scripteurs tant qu’ils sont à l’école maternelle. Ils considèrent que l’apprentissage de l’écriture est réservé au cours préparatoire et que cet apprentissage se fera sans effort, quasi automatiquement. Les déclarations des enfants de milieu modeste, pour ce qui concerne l’écriture, sont donc à rapprocher des études de Bernard Charlot et d’Yves Rochex sur la lecture.

Les pratiques des enseignants n’aident pas à cette clarification, « les objectifs didactiques des pratiques scolaires ne sont pas repérés par la majorité des enfants. » (P 288). Dans la constitution d’une phrase avec des étiquettes-mots par exemple, ils s’attachent plus à l’organisation matérielle de la tâche qu’à la recherche du sens de la phrase.

Les implications pédagogiques de cette recherche sont évidentes. Ce sont les pratiques scripturales qui font évoluer le rapport à l’écrit, c’est en écrivant que l’enfant apprend à écrire. « Il semble donc plus que jamais nécessaire d’enseigner à écrire en écrivant. »

 

Source : Michel VOLCKCRICK (14/ 11/ 2007)