Dossier de presse
Remettre l'école sur le chemin du progrès
2 septembre 2002
Conférence de presse de Luc Ferry, ministre de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche
et de Xavier Darcos, ministre délégué à l'enseignement scolaire

Texte intégral

Extrait

Confirmer la place et la responsabilité de l'encadrement

La nouvelle articulation que nous recherchons entre l'échelon national et l'échelon local appelle une grande politique de l'encadrement, car il faudra davantage de cadres de grande qualité pour piloter intelligemment notre système éducatif, des cadres :

- ayant une vision globale des enjeux,
- capables de mobiliser tous les acteurs, de donner du sens à l'action collective,
- de conseiller intelligemment,
- d'évaluer et de réguler,
- d'assurer le va-et-vient entre les différents niveaux de pilotage.

Aux divers niveaux du système éducatif, bien des cadres expriment aujourd'hui un malaise et ont le sentiment de ne plus voir clairement le niveau et le champ de responsabilité qui est le leur : cela est sans doute particulièrement vrai des inspecteurs pédagogiques régionaux. Si le nouveau statut des chefs d'établissement et leurs nouvelles modalités d'évaluation ont permis d'avancer pour ce qui les concerne, la situation des corps d'inspection doit être précisée, de l'inspection générale aux corps territoriaux.

Il nous faudra travailler à une nouvelle culture de l'encadrement, qui ne pourra plus reposer sur des cloisonnements traditionnels comme ceux qui opposaient pilotage administratif et pilotage pédagogique. L'une des qualités d'un cadre, c'est d'avoir une vision globale du système éducatif, et non seulement sectorielle, quel que soit son domaine propre de compétence : comment faire en sorte, par exemple, qu'un inspecteur d'académie-inspecteur pédagogique régional (IA-IPR) soit pleinement un " inspecteur d'académie " ?

Nous aurons à travailler sur tout cela, dans la logique d'une déconcentration qui doit être aussi pédagogique, comme nous aurons à travailler sur le pilotage des académies. Depuis les premières lois de décentralisation, l'académie s'est affirmée comme le lieu des grandes cohérences stratégiques, auxquelles doivent veiller conjointement, sur l'ensemble du champ de l'enseignement scolaire, les recteurs et, comme leur nom l'indique, les inspecteurs d'académie-directeurs des services départementaux.

Dans cette perspective, que la relance actuelle de la décentralisation ne peut que confirmer, le département constitue un niveau essentiel de proximité, celui où la stratégie académique, conçue et portée par le recteur et les inspecteurs d'académie, peut entretenir un lien direct avec les établissements et les usagers, ainsi qu'avec de nombreux autres services de l'Etat.

Cette réflexion sur l'encadrement passera notamment, comme nous l'avons déjà annoncé, par la création d'une grande direction de l'encadrement pédagogique et administratif, et par de nouvelles modalités de formation initiale et continue. C'est en travaillant davantage et en réfléchissant davantage ensemble que les cadres développeront cette culture commune dont nous avons besoin.