Tribune libre

 

Communiqué sur les ondes

 

Monsieur le Ministre de l’ Education nationale proposera, en fin de mois, une modification des programmes de l’Ecole ; recentrés sur les apprentissages fondamentaux..

 

Puisqu’il est ministre, il a sûrement raison, et il fait bien de ne rien demander à personne : il n’aura pas à trancher, ni à perdre du temps à écouter les uns et les autres, et sûrement pas les professionnels qui baignent tellement dedans (les programmes, la pédagogie) qu’il s’y noient et ne voient vraiment plus clair….

 

Il fallait réagir et vite !.

 

Des programmes viennent d’être publiés ? Des équipes sont en train d’y travailler, d’en faire passer les idées essentielles parmi les masses laborieuses et enseignantes ? STOP : elles ont tort, moi je vais pour dire ce qu’il faut faire ; et tant pis si vous avez essayé de vendre les programmes les plus récents (moins de 6 mois) avec obstination et application : ils sont déjà périmés à la minute même où j’annonce qu’il y en aura d’autres ; c’est pas beau et productif la communication orale d’un ministre ?

 

Et mes programmes à moi – attention, j’ai dit que je ne ferais pas de réforme, aussi je n’appellerai pas cela une réforme- seront conçus pour aller simplement à l’essentiel – ou essentiellement au plus simple, c’est à dire à la matrice même de l’école républicaine : lire – écrire – compter ; avec une once de langues étrangères et de B2i pour faire contemporain, et ne pas isoler nos chères têtes blondes des réalités du monde qui les entoure. Avec une base de réflexion aussi simplifiée, personne ne devrait pouvoir proposer encore plus simple avant longtemps !!!

 

Quel besoin d’un supplément d’âme scientifique, artistique ou sportif ? Pourquoi s’encombrer de séances d’expériences, d’une chorale, de travail avec son corps (ils font de la danse ? pouâh)… L’essentiel est de lire - écrire – compter : L.E.C. Olè… le reste, si les parents le veulent vraiment et qu’ils en ont les moyens, si les communes ont de l’argent à y « investir » (à y perdre) , qu’ils le fassent ; c’est certainement bien, mais hors du temps de l’école. Ce ne doit pas si fondamental puisque nos voisins étrangers ne l’ont pas intégré, eux, ces petits malins dans les curriculae de leurs élèves : non seulement ils font des économies, de grosses économies – et peuvent marcher la tête haute dans la cour du palais présidentiel et se tenir bien droits à la table du conseil des ministres- mais en plus, ils ont de meilleurs résultats que nous aux évaluations internationales, du style Pisa et PIRLS ; trop fort.

 

Mais j’y pense : depuis que notre école est école, elle a toujours semblé basculer à gauche ; ma réforme, ce sera celle-là : en se recentrant sur l’essentiel, « nos » maîtres ne feront plus d’idéologie, ne transmettront plus d’idées subversives apprises sur les bancs soixante huitards de l’Université ; il n’est qu’à voir la sociologie du corps enseignant : ils sont vraiment bien éloignés des hussards noirs et veulent  aussi que leurs enfants soient de brillants élèves ; donc, ils me suivront ; ils travailleront moins longtemps devant les élèves, pour un salaire identique ; c’est pareil que pour les trente-cinq heures : tu travailles moins, et gagnes autant ; donc j’y gagne.

 

Bon ; j’ai imposé le samedi à tous, de manière assez jacobine il faut bien le dire, en jouant les familles contre les chronobiologistes – et tant pis si c’était mieux ici ou là ; j’impose des programmes plus simples. Je vais faire tout pareil avec les programmes, en jouant contre les pédagogues.

 

Je vous ai dit que tout était dans la communication….