FACE AUX JARDINS D’EVEIL, NOUS N’ALLONS PAS BAISSER LES BRAS

Madame Nadine MORANO, Secrétaire d’Etat à la famille, est têtue.


Lors des questions au Gouvernement, jeudi 3 juin dernier, avec son aplomb habituel elle a déclaré, en substance « Xavier Darcos a eu raison, l’an passé, de poser la question :
« est-il nécessaire d’avoir bac + 5 pour changer les couches des enfants à l’école maternelle ? »


Et cette semaine, le 8 juin, un décret publié au Journal Officiel entérine la création des « jardins d’éveil », ces structures destinées aux 2 - 3 ans lancées il y a tout juste un an par la même N. Morano au titre d’une expérimentation (cf. Libération du 14 juin 2010). Cf également l’article de Michel Volckrick dans le bulletin syndical « l’Inspection : réalités et prospective » n° 113, p. 8.


A quoi sert d’expérimenter si on ne présente pas de bilan, dénonce un éducateur de jeunes enfants, membre du collectif « Pas de bébé à la consigne ». On ne sait même pas combien de jardins d’éveil sont déjà mis en place. Le cabinet de N. Morano n’est pas en mesure de donner de chiffres. L’année dernière, la secrétaire d’Etat s’était fixé comme objectif la création de 8000 places pour les 2 - 3 ans d’ici 2012.


Avec des arguments irréfutables, les jardins d’éveil ont été décriés avec courage, vigueur et détermination par l’AGEEM (Association Générale des Enseignants des Ecoles Maternelles) et sa Présidente nationale, Lucile Barberis, qui continue à se battre.


L’adjointe du Maire de Paris chargée des Affaires scolaires, Colombe Brossel, s’était engagée haut et fort au cours de l’assemblée générale de la Ligue de l’Enseignement 75 – section de Paris – à ne pas laisser s’installer un seul jardin d’éveil dans la capitale.

Le jardin d’éveil : une structure d’accueil pour les petits de 2 – 3 ans


Que signifie ce tiret entre 2 et 3 ? 2 et 3 ans ou 2 à 3 ans ? Ce n’est pas la même chose. Mais de toutes façons, à 3 ans révolus, que faire de ces enfants ?


En septembre, ils peuvent théoriquement être inscrits en école maternelle. Une tolérance subsiste encore, parfois, pour les enfants nés de septembre à décembre. Mais les autres, ceux qui n’auront 3 ans qu’entre janvier et août ? Jusqu’ici, dès le début de l’année scolaire, les effectifs sont au complet dans les écoles maternelles. Les enfants de deux ans et demi, non admis faute de place, seront sans doute dirigés vers les écoles privées, payantes, à moins qu’un des parents ne renonce temporairement à son travail, quitte à le perdre, pour s’occuper de son enfant. Ou alors, le jardin d’éveil gardera cet enfant jusqu’à 4 ans. Donc, 2 à 3 ans, ou 2 et 3 ans, peu importe, mais c’est navrant d’en arriver là.

L’encadrement : ces structures seront confiées à un personnel dont on ignore la qualification exacte. On aura probablement recours au CAP de la petite enfance, diplôme délivré aux ATSEM (Agents Territoriaux Spécialisés des Ecoles Maternelles).

Le saucissonnage de l’enfant : comment accepter que les nourrissons entrent à 3 mois en crèche, encadrés par un personnel qualifié, puéricultrices, aides-puéricultrices, éducateurs de jeunes enfants, à raison d’un adulte pour 8 (l’effectif est menacé d’être augmenté mais le personnel résiste avec vigueur et véhémence). Ils entreront ensuite au jardin d’éveil entre 2 et 3 ans avec un adulte pour 12 pour avoir accès à 4 ans à l’école maternelle qu’ils quitteront à 6 ans. Etonnez-vous après que ces petits soient en insécurité, déboussolés, stressés, amorphes ou violents selon leur histoire et leur tempérament !


Deux ans est un âge clé pour l’apprentissage du langage en particulier. Quel modèle linguistique recevront-ils ?


La prononciation, l’articulation des mots, le vocabulaire, la syntaxe, fondements du langage qui va se fixer progressivement, ne doivent pas souffrir l’insuffisance ni la médiocrité. C’est « le meilleur » qu’il faut pour cet âge contrairement à l’idée reçue : le petit est un être affectif (certes, mais pas seulement), les « nounous » savent bien s’en occuper. Adage qui arrange bien certains de nos dirigeants et les économistes de notre société.

Les solutions : la crèche à partir de trois mois sans abaissement de la qualification des personnels ni augmentation des effectifs.
L’école maternelle à partir de 2 ans.


Décret contre décret, Madame Morano.


L’Ecole maternelle a été instituée par le décret du 18 janvier 1887 (modifié par les décrets des 15 juillet 1921 et 11 février 1928).
« Article 1er : Les écoles maternelles sont des établissements de première éducation où les enfants des deux sexes reçoivent en commun les soins que réclame leur développement physique, moral et intellectuel…


Dans les écoles maternelles et les classes enfantines (rattachées aux écoles élémentaires dans les communes de moins de 2000 habitants), les enfants peuvent être admis dès l’âge de 2 ans révolus et restent jusqu’à l’âge de 6 ans ».


L’école maternelle est une école à part entière. Elle n’entre pas dans la terminologie de la petite enfance qui la dévaloriserait.
Toute tentative de la rendre obligatoire à 3 ans nuirait à la scolarisation des 2 ans.

L’école maternelle en France a une fonction éducative. Il n’est pas question de la faire régresser par rapport à ses objectifs pédagogiques, raisonnablement ambitieux, sous prétexte d’harmonisation européenne. Notre école maternelle a un passé important et une qualité reconnue. Représentante d’une organisation mondiale au bénéfice du jeune enfant, j’ai pu visiter des établissements préscolaires : ceux qui ressemblent à notre première école se sont inspirés d’elle. Pour s’en tenir à l’Europe, le modèle kindergarten, plus libéral par tradition, évolue au même titre que la société tout entière. A la signature d’un certain traité, n’avait-il pas été déclaré que chaque pays garderait sa spécificité en fonction de ses options éducatives, familiales et sociales ?


Nous devons garder, en France, cette première école dans son intégrité, base de notre système éducatif. (Et si notre système subit des critiques, c’est que les dirigeants successifs se sont employés à le disqualifier depuis plus de trente ans).

L’école maternelle détient obligations et compétences vis-à-vis des enfants en décelant leurs potentialités, les stimulant, les exerçant par des activités dans différents domaines :
- corporel (rondes et jeux, parcours gradués en difficulté, rythme, danse, mime, expression corporelle, jeu dramatique), sensoriel, sensori-moteur, musical - dans ses deux volets : écouter et faire, plastique, pictural, graphique, calligraphique.
- Les maîtres les aident à s’exprimer selon différents registres et, à cette fin, savent faire naître des émotions, piquer la curiosité, étonner, admirer, émerveiller, faire rire.
- Ils leur donnent des occasions fréquentes de découvrir, de comparer, de manipuler des matériaux divers et de fabriquer, de construire, de donner sens et vie aux éléments.
- Ils racontent des histoires, les amènent à en inventer, à les mettre en scène. Ils les font entrer dans le monde de l’écrit et leur donnent le goût du livre. Ils leur enseignent des poèmes de qualité.
- Par delà les comptines numériques, ils les aident à construire le nombre par des manipulations, en particulier les correspondances terme à terme, et aborder la logique mathématique. Le sens de l’espace se précise progressivement (vécu, perçu, représenté). Le sens du temps aussi, plus lentement.
- Ils participent à l’éveil de l’esprit scientifique et à la technologie.
- Les enseignants amènent les enfants à conquérir peu à peu leur autonomie, à réfléchir, à effectuer des choix, à représenter (dessin, symboles, maquette) et se représenter mentalement ce qui est dit et ce qui est lu, à être conscients et responsables de leurs actes, à écouter l’autre et le respecter.
- Ils leur donnent le sens de l’effort, celui d’un travail bien fait, à leur mesure.
- Ils leur font acquérir, avec doigté et souplesse, des comportements et des connaissances qui les aideront à assumer dans les meilleures conditions leur situation d’élève à l’école élémentaire.

Le langage n’a pas été cité expressément car il n’est ni un domaine, ni une matière, ni une discipline ; cette fonction est partout. Elle mérite d’être l’objet de réflexion pour le maître pour garantir des progrès constants. Tous les adultes de l’école maternelle devraient être des modèles linguistiques pour les enfants.


L’école maternelle française détermine les débuts du long cheminement scolaire.


Acquisitions et apprentissages seront pris en compte par l’école élémentaire.

La Section des Petits : enfants de 2 à 4 ans
Enseigner à l’école maternelle, c’est s’adapter au « programme » implicite des enfants et non l’inverse. C’est donc se porter sur leur terrain, partir de leurs procédures de recherche, et, en maîtresse ou maître actif et chaleureux avec eux, leur ouvrir la route tout en les devançant un peu.
Ce principe est applicable à l’école maternelle tout entière et à la section des Petits en particulier.


2 ans ou 2 ans et un peu plus, en début d’année, 3 ans et un peu plus, à la fin. 3 ans et un peu plus, en début d’année, 4 ans à la fin.
La répartition se fait avec les maîtres concernés, elle dépend d’une quantité de paramètres mais ce qui importe c’est que, sauf pour les plus jeunes et les plus âgés, chacun puisse trouver dans sa classe ou dans la classe voisine des enfants du même âge, quelques-uns plus jeunes et d’autres plus âgés. C’est dans ces écarts que chacun se sentira tour à tour protecteur ou protégé, prendra mieux conscience de lui en observant l’autre. Des maîtres se sentent plus à l’aise dans des classes homogènes, d’autres pas, il n’existe pas de dogme en la matière.


Il convient d’insister pour qu’une véritable progression soit observée dans les intentions pédagogiques des maîtres. Plus l’enfant est jeune, plus le temps pris par les activités non contraignantes et individuelles est important, souvent entrecoupé par des regroupements et l’application de consignes adaptées à la situation.

Quelques caractéristiques de la section des Petits liées au jeune âge de l’enfant :
Sur le plan physique : le jeune enfant est généralement remuant. Ce besoin constant de bouger est partiellement lié à son hypotonicité. En période de veille, il ne peut pas supporter de conserver longtemps la même position. L’emploi du temps doit en tenir compte. Pour avoir eu en charge, en début de carrière, des 2 ans et demi à 3 ans (en début d’année), j’ai vite compris qu’il fallait alterner les positions assis/ debout et carrément changer de lieu, la classe/ la salle de jeu, la classe/ la cour.


Les activités motrices, biquotidiennes canalisent l’énergie, développent l’équilibration, coordonnent le rythme (perçu et produit), renforcent la notion de groupe.


A 2 ans, l’enfant peut avoir des difficultés à rester immobile, talons joints, tenir sur un pied, pédaler, marcher le long d’une ligne droite, enjamber des obstacles, sauter à pieds joints, bloquer un ballon avec ses deux mains.


A 3 ans, la progression motrice est spectaculaire. Le geste devient un véritable moyen de communication. Il est cependant encore difficile de sautiller alternativement d’un pied sur l’autre. « J’arrive avec cette jambe maîtresse, je ne peux pas avec l’autre ».


L’attention est labile. La concentration est possible, elle surprend parfois quand l’intérêt pour l’activité est réel mais la saturation arrive vite. On range et on fait autre chose.


Le goût du jeu est immodéré pour ne pas dire constant. Toute activité est jeu pour le petit. N’oublions pas qu’il est mû par le principe de plaisir. Les activités ludiques sont l’occasion pour lui d’éprouver le sentiment très exaltant d’être authentiquement vivant c’est-à-dire capable d’agir. Alors, il ne faut pas l’en priver. (Cette attitude ludique durera un grand nombre d’années et bien des adultes la garderont toute la vie).


Les jeux, d’abord fonctionnels, déchirer pour déchirer, crayonner pour crayonner, peindre pour peindre et simplement constater l’effet produit, peut-être s’en souvenir, seront remplacés par des jeux à objectif défini, des jeux à règles et même des exercices. Le matériel ne sera pas utilisé partout de la même façon ; certains supports et instruments n’interviendront qu’en fin d’année. En revanche, les ciseaux à bout rond ne sont pas dangereux s’ils sont utilisés par un petit groupe d’enfants assis sous l’œil vigilant du maître. L’adresse ne naît qu’avec l’utilisation fréquente de l’outil.


Le jeune enfant est fatigable surtout quand il s’ennuie. Donnons lui du « grain à moudre », il s’éveille immédiatement.


Cela dit, le temps de sommeil doit être respecté sans être exagéré à l’école.


Il est inutile de laisser dormir l’après-midi un enfant qui a les yeux grands ouverts.

Sur le plan mental : le schéma corporel connaît un développement lent. C’est la représentation mentale de son corps, celle des relations entre les différents segments et aussi les relations avec l’environnement immédiat.


Vers un an, le bébé porte l’objet à la bouche ; à 2 ans, il l’explore avec ses mains.


C’est un peu périlleux de présenter un objet de loin sans permettre de s’en approcher pour le toucher.


En relation avec le sens de l’espace déjà évoqué, nous savons que le petit a vite fait de démonter un objet, mais pour le remonter, c’est une autre affaire. L’organisation (les rapports entre les différentes pièces) n’a pas été comprise ni mémorisée. Il est donc intéressant de graduer l’effort par un ensemble de peu d’éléments. Les expériences fréquentes ajoutées au développement général l’aideront à anticiper le résultat.


La causalité est également le fruit d’une construction lente.


Pourquoi ? Pourquoi ? On est curieux mais on n’attend pas la réponse, on ne la comprend pas bien encore probablement.
Le raisonnement se fait par associations d’idées, on dit qu’il est transductif. Il n’est pas toujours logique pour nous adultes. Nos structures mentales d’adultes qui avons acquis la connaissance, parce que nous avons eu à un moment donné la maturité nécessaire pour la comprendre, sont différentes de celles du jeune enfant.


Le petit s’intéresse à son environnement proche qu’il connaît et qu’il sait nommer, le champ de conscience et de connaissance s’agrandira au fil des années. Les voyages peuvent modifier certaines approches, mais restons modestes et prudents et aidons le petit à vivre tranquillement les différentes étapes de son développement.


Le langage contribue en grande partie aux progrès de la pensée.


Aux mots-phrases exprimant souhaits, désirs, succèdent les phrases courtes, que le petit comprend et énonce. L’intonation facilite la compréhension. Il a besoin qu’on s’adresse à lui personnellement ; un ordre donné à la cantonade ne le concerne pas. L’égocentrisme de l’enfant fait moins parler de lui qu’autrefois, dans la mesure où il est quelque peu masqué par l’individualisme de l’adulte (cette remarque, très personnelle n’est pas réellement fondée, merci de me donner votre avis). Le jeune enfant marquera son accord, son opposition, son insatisfaction. Les paroles arrivent et sont prononcées à bon escient.


Le récit plus ou moins fluide selon les enfants est ponctué de « et puis », « et puis ». Les propositions sont juxtaposées, coordonnées, la subordination viendra plus tard.

Sur le plan affectif : le petit a un besoin foncier de sécurité, de protection, un besoin immense de tendresse, d’affection. Il est prêt à l’accorder à condition de sentir un écho. Sa confiance en l’adulte est touchante, il faut la mériter quand on s’occupe de lui. Dès la première heure du premier jour de classe, il vous a jaugé(e). Il ne faut pas le décevoir. C’est la maîtresse qui va l’aider à s’adapter à ce milieu nouveau qu’est l’école. Le rassurer par des mots, un sourire, mais aussi lui indiquer ce qu’il est possible de faire quand on est nombreux et ce qui est illicite. Et ce, d’emblée, calmement mais clairement, fermement s’il le faut, sans jamais hausser le ton mais sans tergiverser. On détend immédiatement l’atmosphère par exemple en chantonnant. Se révéler tel qu’on sera toute l’année scolaire (car il faudra revenir le lendemain à l’école, ce qui n’est pas évident). Je parle de l’enfant évidemment.


La maîtresse, elle ou lui, le maître, adopte deux attitudes correspondant à deux principes pédagogiques : ce qui est normatif, et ce qui ne l’est pas.


Ce principe est applicable dans tous les domaines d’activités. Le premier correspond à la pédagogie de type frontal, le deuxième laisse un espace de liberté toujours maîtrisable par l’adulte. On ne se laisse jamais déborder. Chez les petits, l’écoute, l’obéissance à un rythme, binaire de préférence, l’imitation, l’observation, l’exécution d’une consigne… relèvent du premier principe, le mélange de couleurs, les empreintes de pinceaux de différents calibres, les premiers contacts avec la pâte à modeler, le collage au début, le jeu dans le coin des poupées, les jeux dans le bac à sable… du deuxième.

Entre 2 et 3 ans, on se connaît fille ou garçon. L’identification à 2 personnages, féminin et masculin : marottes, poupées ou marionnettes auront une place de choix dans la classe. On les présentera d’une façon théâtrale, on les nommera ; on ne jouera pas avec eux mais ils assisteront aux activités et prendront rapidement vie à condition d’y croire et de se prendre au jeu.

Une trouvaille personnelle à partir d’une lecture très ancienne mais toujours valable : les personnages amis de la classe et les aventures factuelles qui leur sont attachées.


Toujours au regard de l’affectivité et de la sensibilité, 12 ans d’expérience positive en section de petits, dans des milieux différents, me poussent à évoquer ce qui a fait les délices de 500 à 600 enfants de Paris pendant leur tendre enfance.


Partant d’une formulette sur 4 notes de musique
« Rintintin le petit gamin
Rintintin se lève matin
Se lève matin Monsieur Rintintin
Pour aller jouer au fond du jardin »
Et de la poche de la maîtresse sort un petit bonhomme d’à peine 12 cm, vêtu aux couleurs du jardin, vert, jaune, rouge, avec un chapeau pour le protéger du soleil. De la feutrine solidement cousue permet le passage de main en main pendant qu’on lui chante sa chanson vite apprise.
A ce personnage, tout de suite adopté, sont présentés la fille et le garçon.


Dès le lendemain, une grand-mère va apparaître d’abord cachée dans un énorme sac. Contenu impossible à deviner. Surprise totale. La grand-mère est malheureuse. Elle ne voit pas clair… elle a perdu ses lunettes. Où sont ces lunettes ? Et tout d’abord, comment sont-elles ?
On émet des hypothèses, on interroge la fille, le garçon, Rintintin. Personne ne sait.

 
Juste à ce moment-là, une ATSEM entre en classe en rapportant les lunettes trouvées dans un lavabo.


Et ainsi de suite, une vingtaine d’objets ou de personnages, petits ou grands, forts ou faibles, malins, faisant des bêtises ou, au contraire, sachant tout réparer, parfois graves aussi, favorisent toutes sortes de projections.


La seule apparition du personnage induit le fait, l’histoire, la chanson (de plus en plus complexe au fil de l’année), qu’on se plaît à évoquer ou à présenter à des invités.


(Rintintin a eu un tel succès, qu’une mère de famille croyait qu’il s’agissait d’un camarade de classe qu’elle souhaitait inviter à l’anniversaire de son fils…)

L’objet insolite : encore une idée pour alimenter un moment de langage, en regroupement.
Un objet insolite se découvre en silence par un petit groupe, si possible, pour que les échanges soient plus profitables. Des questions fusent devant la chaîne à bateau. Un à un, on vient la soupeser, on dit à quoi elle ressemble, à quoi elle fait penser, quelle peut être sa destination ?
L’imagination au pouvoir. Si des parents d’élèves sont dans la confidence, ils pourront vous prêter quelque objet d’autrefois, pas trop fragile.

L’organisation matérielle
Elle est de la plus haute importance mais demanderait un long développement.


Elle serait bâclée en quelques lignes.


Je me permets de vous renvoyer aux revues spécialisées.


Je me tiens tout de même à votre disposition et espère vous avoir intéressés.

Pour conclure
Jusqu’où laisser aller le démantèlement de l’Ecole pour qu’une vraie prise de conscience ait lieu ?


Je me fais une trop haute idée de l’importance de la section des Petits en Ecole maternelle pour accepter que le Professeur des Ecoles, qui connaît le développement de l’enfant, soit remplacé par un quidam dans un jardin d’éveil.

Colette Durand
IEN honoraire
Ancien membre du BN