HORS CLASSE IA-IPR

     Certains syndicats d’IA-IPR –que nous aurons la charité de ne pas désigner plus explicitement– s’étaient réjouis lors de la promulgation du décret relatif aux nouvelles conditions de carrière de ce corps, comme s’il se fût agi d’une grande victoire syndicale… Plus circonspects, nous nous étions inquiétés de la mise en place d’une hors-classe, mais nous étions bien seuls à émettre ces réserves qui, du reste, avaient été fort peu entendues. Ceci s’explique bien sûr par notre faible représentativité au sein de ce corps, mais ne remet nullement en cause la pertinence de l’analyse qui était la nôtre. Les faits le confirment aujourd’hui.

     L’émotion est grande, en effet, chez nos collègues IA-IPR. L’établissement du tableau d’avancement à la hors-classe a conduit bon nombre d’entre eux à déchanter et à ouvrir les yeux sur les véritables intentions du ministère. Les effets de proximité par rapport à l’autorité de tutelle (recteur, inspection générale), comme ceux liés aux " services rendus " (la servilité ?), surclassent largement la conscience professionnelle et l’expérience acquise dans la fidélité au service public d’éducation ! D’aucuns, qui hier se félicitaient, déchantent aujourd’hui et crient à la tromperie.

     Soyons clairs : si nous avions joué les Cassandre, c’est que nous connaissions parfaitement les effets pervers de la hors-classe, puisque nous les subissons nous-mêmes depuis trop longtemps. Sans doute bien du chemin reste-t-il à parcourir pour arriver enfin à une situation équitable et juste pour tous, mais reconnaissons que notre combat nous a déjà permis d’obtenir des avancées.

     Pour que ces évolutions profitent aux IA-IPR, ils auront besoin d’interventions résolues et argumentées. L’expérience du SI.EN-Fen plaide pour lui. Si, après des années de lutte, nous avons pu faire évoluer les critères d’établissement du tableau d’avancement vers plus de transparence, si nous avons obtenu, en particulier, que tous nos collègues n’ayant pas démérité puissent accéder prioritairement à la hors-classe avant de partir à la retraite, nous pourrons obtenir les mêmes avancées –et, j’ose le dire, plus vite que d’autres syndicats– pour les IA-IPR… quand nous aurons acquis une représentativité suffisante au sein de ce corps –ce qui, j’ose l’espérer, ne saurait tarder avec les élections professionnelles qui approchent–.

P. ROUMAGNAC