PARIS – DIRECTION DE L’ENCADREMENT

Le 22 août 2006 : Audience du SI.EN

 

Pour l’administration : G. Matringe, directrice de l’encadrement ; C. Lecomte, directeur adjoint, Michèle Rousset, adjointe à la directrice, C. Etienne, chef de bureau.

Pour le SI.EN : P. Roumagnac ; R. Decofour ; Y. Destot ; M. Volckcrick  

Cette audience était l’occasion d’une première rencontre avec Ghislaine Matringe, nouvelle Directrice de l’Encadrement, qui a fait preuve d’une écoute attentive des points abordés et d’une bonne connaissance d’un certain nombre d’entre eux.  

Patrick Roumagnac a d’abord présenté le SI.EN, résultat de la fusion en 1990 des syndicats de trois corps d’inspecteurs  (IDEN, IET et IIO) ; cette origine explique que l’objectif prioritaire de notre organisation reste la mise en place d’un corps unique de tous les inspecteurs. En accord avec les rapports convergents de plusieurs inspecteurs généraux, nous considérons cette unification inéluctable. Ceci serait non seulement profitable pour le système éducatif, mais serait cohérent eu égard aux mesures de réduction du nombre de corps dans la fonction publique. Nous tenons toutefois à ce que ce processus de fusion respecte les spécificités des différentes spécialités d’inspecteurs et s’inscrive dans une dynamique souhaitée par tous. Dans cette perspective, nous sommes attentifs à promouvoir toutes les mesures susceptibles de rapprocher les inspecteurs des différents niveaux et à nous opposer fermement à toutes celles qui créeraient une distance entre eux.  

Après avoir rappelé les avancées et les limites du protocole signé l’an dernier par le ministre, un certain nombre de points ont été abordés.

-         Concours de recrutement : nous sommes d’accord pour en revoir les modalités à condition que cela concerne les IEN et les IA-IPR. Dans la mesure où un nouveau concours vient d’être mis en place pour les chefs d’établissement et où l’on ne dispose d’aucun recul pour en évaluer les avantages, la DE propose de poursuivre cette réflexion avant d’envisager une quelconque évolution.

-         Collège des IEN 1er degré : la désignation d’un doyen (ou d’un correspondant académique) s’effectue très inégalement et des réticences diverses subsistent. Cette mise en oeuvre pose le problème de la place des IEN 1er degré dans l’académie. Pourtant, si l’on comprend la nécessité d’assurer la continuité entre les différents niveaux d’enseignement au plan académique sur des dossiers tels que les Langues vivantes, la scolarisation des élèves handicapés par exemple, le rôle pédagogique et non hiérarchique du doyen apparaît clairement.

-         Indemnité de charges administratives : là encore les disparités sont flagrantes selon les académies et nous renouvelons nos arguments pour expliquer notre ferme opposition à des modulations fondées sur les types de poste et la manière de servir, lesquelles sont susceptibles, selon nous, d’engendrer plus de désappointement que de stimulation. Madame la Directrice signale qu’une enquête est en cours auprès des académies pour savoir comment se sont réparties ces ICA. Elle rappelle que la notion de mérite concerne à présent la fonction publique dans son ensemble et qu’elle a été mise en place effectivement dans plusieurs ministères. (Signalons qu’une enquête récente a montré que les chefs d’entreprise différenciaient peu les primes au mérite attribuées à leurs cadres.) Dans ce contexte, nous signalons que nous sommes bien évidemment favorables au principe de notre évaluation, mais que le dispositif actuellement initié est loin de nous satisfaire. La lettre de mission constitue potentiellement une base pertinente, mais à condition qu’elle soit établie conjointement par celui qui aura à la mettre en œuvre et son supérieur hiérarchique, ce qui n’est que trop rarement le cas.

-         Redéploiement des postes : le souci d’équité et de transparence doit présider à ces redéploiements qui actuellement concernent surtout le second degré. Le Directeur adjoint assure que ce qui a été réalisé jusqu’alors l’a été sur la base de l’évolution des effectifs et des formations, après avis des recteurs et des inspecteurs généraux. Il insiste sur le fait qu’aucune réduction de poste n’a été effectuée. Pour notre part, nous insistons sur la nécessité de disposer d’une information transparente et objective en amont des opérations de mouvement du personnel. Nous rappelons que les critères utilisés doivent prendre en compte la spécificité des missions confiées aux IEN et non se limiter à un aspect de leur métier, si important soit-il.

-         Le lycée des métiers : cette nouvelle structure semble prometteuse dans la mesure où elle peut rééquilibrer les filières technologique, professionnelle et d’apprentissage. Mais pour l’instant la plus grande confusion règne et il semble que l’on privilégie beaucoup l’apprentissage au détriment de la voie technologique et professionnelle temps plein.

-         surtout du technologique. Cet exemple nous a permis d’illustrer l’engagement de notre organisation dans des problématiques dépassant le cadre corporatif et s’inscrivant dans notre préoccupation permanente de promouvoir un service public d’éducation plus juste et plus efficace.

-         Information et Orientation : une politique forte et volontariste instituant un réel pilotage par les inspecteurs de l’orientation, avec des audits de l’ensemble des dispositifs d’orientation. Nous insistons aussi sur la nécessité de mettre en place une véritable dynamique d’inspection des personnels d’orientation, ce qui rend nécessaire une clarification de cette tâche.

-         Conditions de travail et frais de déplacement : le ministre s’était engagé à améliorer significativement les conditions de travail des inspecteurs. Malgré cet engagement écrit, et sans doute du fait de facteurs conjoncturels difficiles, notre situation en ce domaine s’est globalement dégradée. A cet égard, les remboursements de frais de déplacement constituent un exemple des plus scandaleux. Nous alertons la directrice sur notre détermination, conjointe et solidaire avec celle de nos collègues du SNIA-IPR, pour qu’une solution soit trouvée au plus vite. Si tel n’était pas le cas, il est malheureusement évident que nous ne pourrions faire l’économie d’un conflit de grande ampleur pour être enfin entendus.

-         Mobilité : nous réclamons que soient enfin définis les avantages justifiant cette contrainte difficile à accepter pour bon nombre de collègues. Nous ne sommes pas en effet opposés par principe à la mobilité, mais si celle-ci est conçue comme un moyen de construire une véritable identité de cadre, il appartient à l’administration de la rendre possible en y consacrant les moyens nécessaires. Cette question de l’accompagnement de la mobilité géographique, comme celle de la définition de la notion de mission, susceptible de la remplacer pour l’accès à la hors-classe, figurent au premier plan de nos préoccupations.

-         Stagiaires IEN-ET-EG-IO : ils accomplissent les mêmes missions que les stagiaires IA-IPR puisqu’ils sont en poste dès leur première année. Il est anormal que leur régime indemnitaire soit différent. La DE est consciente du problème et, à notre demande, paraît résolue à le régler rapidement. Nous serons attentifs à ce que cette bonne intention affichée se concrétise au plus vite.  

Conclusion :  

 Cette audience, d’une durée de deux heures trente, s’est déroulée dans un climat détendu et ouvert. Mme Matringe s’est déclarée tout à fait favorable à notre demande que soient maintenus les groupes de travail mis en place (insuffisamment réunis selon nous !) à l’issue de l’action de l’an dernier. Nous avons exprimé le souhait qu’y soient abordés très rapidement les points suivants : l’évolution de la carrière des inspecteurs, les conditions de travail, la notion de mission et l’évaluation.