Mastérisation : audience Chatel/Pécresse


Mastérisation : audience Chatel/Pécresse
Une délégation de la fédération UNSA Éducation a été reçue mardi 7 juillet sur le dossier « mastérisation » par Luc Chatel, ministre de l'Éducation nationale et Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. La publication des décrets interviendra pendant l'été (fin juillet), mais seulement après les conclusions de la mission Marois-Filâtre.


1. Rappel des positions de l'UNSA Éducation

La délégation* a rappelé nos mandats sur le concours, en particulier sur l'épreuve de connaissance générale du système éducatif et notre proposition d'admissibilité calibrée en fin de M1 et d'admission en fin de M2, notamment en regard des réelles possibilités d'insertion professionnelle. L'UNSA Éducation a renouvelé ses remarques sur la nécessité d'étendre les mesures transitoires prévues pour la Polynésie (recrutement de professeurs des écoles à la licence possible pendant cinq ans) à certaines académies ayant des problèmes de vivier (la question concerne, de manière variable, les Mayotte et les départements des Antilles-Guyane).

La délégation a particulièrement insisté sur les conséquences qu'aurait le concours totalement placé en M2 sur les problèmes liés aux stages, notamment en responsabilité, qu'il s'agisse de la couverture juridique (des étudiants en stage comme de ceux qui, à un titre ou à un autre, pourraient être considérés comme « encadrants »), de la variété des terrains de stage (s'ils ont lieu à proximité des centres universitaires, pour des raisons d'organisation ou de déplacement), des possibilités d'accueil. Elle a rappelé notre exigence d'un cadrage national clair assorti de conventions dans le respect du décret de 1985 pour les EPLE (et sa transposition au niveau des inspections compétences pour le premier degré). La fédération UNSA Éducation a demandé un groupe de travail spécifique sur cette question.

Elle a enfin redemandé des initiatives ministérielles après la campagne de l'enseignement catholique dans laquelle le terme université est employé en violation des dispositions législatives et le terme master employé alors qu'il n'y a pas eu d'habilitation dans les formes prescrites par la règlementation.

2. Les annonces ministérielles

Luc Chatel reste ouvert... sur la place du concours au cours de l'année de M2. Toutefois les deux ministres ont dit leur intention d'attendre les propositions de la commission Marois-Filâtre « reconstituée », en principe connues le 15 juillet (la partie « Filâtre » — CPU, CDIUFM, CDUS, CDUL** — fera connaître ses propositions préalablement).

Plusieurs groupes techniques auront lieu à l'automne (premier degré, second degré général et technologique, enseignement professionnel). Ils donneront lieu à des échanges avec les organisations syndicales et serviront à réfléchir au positionnement des épreuves de concours, au contenu des maquettes de concours et au contenu du tiers temps de « formation initiale continuée » pendant l'année de fonctionnaire stagiaire (après concours). Les décisions finales seraient annoncées fin novembre-début décembre. Nous avons notamment rappelé notre refus absolu de toute inégalité de traitement ou de situation dans les corps de l'enseignement scolaire (hors le cas particulier de l'agrégation). Le ministre a également confirmé la création d'un groupe de travail sur les conseillers d'orientation-psychologues. Nous avons souligné la nécessité d'une réflexion sur les futures modalités de recrutement et de formation des psychologues scolaires, mais également sur les autres formations dites « dérivées » (ASH).

Parallèlement, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche que le CNESER sera saisi en décembre et à Pâques d'un point de situation. Elle a évoqué l'intérêt des IUFM, y compris dans la formation continue. Nous avons rappelons notre souhait d'une incitation nette — y compris par écrit — pour la coopération nécessaire entre les IUFM et les UFR, y compris par convention le cas échéant entre universités intégratrices et non intégratrices, et souligné notre inquiétude forte, nonobstant le discours rassurant, sur le devenir de certaines antennes départementales ou locales des IUFM. Nous avons souligné que, dans l'optique de la mise en place de masters professionnels, les antennes des IUFM pourraient être un lieu-pivot de l'organisation d'un véritable dispositif de VAE (validation des acquis de l'expérience) pour les enseignants en fonction qui le souhaiteraient.

Au final, si l'annonce de l'attente des conclusions de la mission Marois-Filâtre est incontestablement un signe d'ouverture nécessaire après l'inconcevable rupture entre le ministère de l'Éducation nationale (cabinet précédent) et la communauté universitaire, le ministère reste calé à priori sur le positionnement du concours en M2 malgré les inconvénients multiples qu'il génèrerait (de la cannibalisation des masters à l'impossible organisation des stages).

Sur la question des problèmes de viviers (certains DOM), il y a pour les deux ministres un problème juridique (la Polynésie, en tant que TOM, a pu bénéficier d'un système dérogatoire), mais il y a bien conscience du problème.

* La délégation était conduite par Luc Bentz, secrétaire fédéral. Elle comprenait Christian Chevalier et Joël Péhau (SE), Philippe Tournier (SNPDEN), Michel Volckrick (SIEN), Philippe Mesnier (A&I) et Alain Lithard (SNPTES). Denis Abecassis (Sup'Recherche) avait été retenu par un jury d'examen dans son université, mais les mandats de Sup'Recherche ont été portés par la délégation fédérale.

** Conférences des présidents d'université, des directeurs d'université, des directeurs ou doyens des UFR de lettres et de sciences.
Communiqué de l'UNSA Education du 1er juillet 2009.