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Mission et évaluation des inspecteurs

 

 

Documents de référence                                                        Contributions

Décret paru dans le Journal Officiel du 1er janvier 2005

Projet de décret du 11 mars 2004 présenté en CTPM

L'intervention de P. Roumagnac 

Projet de texte d'octobre 2004

Projet d'arrêté du 24 novembre 2004

Évaluation des personnels de direction
N.S. N°2003-049 DU 28-3-2003 - B.O. n° 14 du 3 avril 2003

Entretien d'évaluation des personnels de direction

N.S. N°2004-142 du 8-9-2004 - B.O. n° 34 du 23 septembre 2004

Rapport de l'Inspection Générale (juin 2003)

 

Evaluation et professionnalisation (G. Gauzente - avril 2004)
Le syndrome du tâchisme de l'IEN (G. Gauzente - avril 2004)
L'évaluation professionnelle (J.P. Rocquet - octobre 1996)
Une année d'inspection, chiffres et mots (J.P. Rocquet - septembre 2004)
Compte rendu du séminaire de Noyelles-Godault (2 février 2005)
La lettre de mission (M. Volckcrick)

 

 

    Les différentes réactions reçues ainsi que les débats lors du Bureau National et du Conseil Syndical sur le décret concernant les missions et l'évaluation des inspecteurs traduisent l'importance des enjeux  qui sont en question non seulement pour la carrière des inspecteurs mais aussi pour l'évolution du système éducatif dans son ensemble. 

    Compte tenu du caractère sensible de ce débat, et afin de permettre à chacun de s'exprimer librement, les contributions sont publiées de manière anonyme, avec seulement l'indication de l'académie.

    C'est à partir de ces échanges que le SI.EN prendra position dans les échanges qu'il aura avec la Direction de l'Encadrement et dans les différentes instances consultatives.

 

  Académie de Lille
Qu'en est-il donc de ce décret et en quoi peut-il être positif ?
Il faut savoir d'abord qu'il était question au départ de 2 décrets séparant distinctement les IEN et les IA-IPR dans les procédures d'évaluation. Un décret identique pour tous est une étape importante car il ne faut pas oublier que le corps des IEN comporte non seulement les IEN du premier degré mais aussi les IEN-ET-EG et les IEN-IO. Il était important pour nos collègues qui ont des missions académiques d'être évalués comme les IA-IPR, à partir de missions définies selon des modalités identiques. Je me suis interrogé dans un premier temps sur cette idée de supérieur hiérarchique direct, réfutant l'idée que ce puisse être, pour les IEN du 1er degré, le DSDEN. Je ne l'ai pas vérifié mais il m'a été confirmé qu'il l'était effectivement et que ce point était difficilement contestable. C'est un problème si l'IA a tous pouvoirs dans son département ; ça l'est moins si les orientations sont fixées par le recteur.
Nous nous plaignons régulièrement (cela avait été un point largement évoqué lors du congrès de Rouen) du fait que nos tâches sont multiples, variables et rarement cohérentes. Tout le monde sait que la priorité de notre fonction est d'inspecter et pourtant personne ne nous en laisse réellement le temps ni la possibilité. Mais plus grave encore (Pierre Frackowiak l'analyse dans son "non autrement au rapport Thélot"), nos rapports d'inspection ne sont pas du tout pris en compte pour en tirer des analyses quelconques qui permettraient de faire progresser le système éducatif.
Nous vivons en permanence au milieu de ces contradictions qui consistent à nous demander tout et son contraire. Comment ne pas être d'accord avec le principe d'une lettre de mission négociée qui aurait l'avantage de clarifier les choses et qui nous permettrait justement de refuser tout ce qui viendrait contrarier les objectifs fixés ? Nous sommes victimes du "tâchisme" ? Négocions donc des objectifs clairs et tenons-nous à ces objectifs.
J'accepte pour ma part tout à fait l'idée en tant que cadre d'être évalué. Cela ne me paraît pas choquant et je ne pense pas que ce soit un effet de mode. Nous avons nous aussi à rendre des comptes et je réfute totalement le principe SGENiste de la co-évaluation. Nous assumons pour nos enseignants l'évaluation de leurs compétences professionnelles, comment refuser celle de nos propres compétences ? Comment refuser pour nous ce qui fait le coeur de notre métier pour les autres ?
Qui doit alors nous évaluer  ?
Il faut à mon sens un double regard : un regard proche de quelqu'un qui connaît bien les conditions dans lesquelles je travaille, avec qui je pourrai fixer des priorités et des objectifs et des résultats à attendre ; un regard extérieur d'expert sans relation hiérarchique. Pour ce regard extérieur la question est  de savoir si le rôle de l'IG est de nous "inspecter" ou s'il doit vérifier que le travail effectué répond bien aux priorités nationales. Pour le regard proche j'avoue que l'idée de discuter des objectifs à atteindre avec un recteur qui aura bien du mal à me connaître, parce qu'il est loin, qu'il est essentiellement un homme politique et que son passage risque fort d'être bref dans l'académie ne me séduit guère. Quoi qu'on en dise nous sommes déjà évalués pour le passage à la hors-classe et pour le très hypothétique passage dans le corps des IA-IPR, dans une absence totale de critères ou selon des critères que nous ne connaissons pas.  En-dehors de la question de principe, en quoi est-il plus judicieux d'être évalué par le DSDEN ou par le recteur ? Dans quelle académie le recteur est-il capable de le faire seul sans l'avis des DSDEN ?
Sur quoi nous évaluer ?
La lettre de mission constitue pour moi le point essentiel et ce sera à nous de faire en sorte qu'elle ne soit pas un gadget ou un fourre-tout. J'ai eu l'occasion de dénoncer (mais je ne suis pas le seul) dans le passé ces discours de ministre et ces orientations données sans étude préalable, souvent sans moyens (ou bien peu) et abandonnées au ministère suivant. Nous venons encore tout récemment d'être "victimes" de ce discours sur l'illettrisme et sur les CP dédoublés. Nous savons ce qu'il en est sur le terrain, les difficultés à mettre en place et le temps qu'il faut pour commencer à mesurer des effets. Tout comme les directeurs d'école peuvent désormais refuser de se prêter aux sollicitations locales arguant des priorités de leur projet d'école, nous devrions à terme pouvoir refuser toute demande nouvelle qui n'aurait pas été contractualisée du départ.
Et je ne verrais personnellement pas d'inconvénients à ce que, en liaison avec une commande de l'inspection générale ou avec une priorité du projet académique, nous ayons à impulser telle action, à la mettre en oeuvre, à la suivre et à en évaluer les effets sur le terrain, c'est-à-dire à aller tous dans le même sens. Ne serait-ce pas une façon de redonner du sens à notre métier ? Et s'il s'avère qu'une des missions essentielles de l'inspecteur du premier degré est de mettre de la cohérence dans les politiques éducatives locales, que ce soit dit clairement. A une époque où la réflexion sur le fonctionnement du premier degré devient urgente et où les changements qui l'affecteront modifieront immanquablement notre travail, il me semble que nous avons tout intérêt à nous projeter dans l'avenir et à imaginer ce que pourrait devenir l'inspecteur territorial avec des chefs d'établissements du premier degré et avec des responsables municipaux des services de l'éducation.
S'interroger dans cette perspective pour savoir ensuite si nous dépendrons du DSDEN  ou du recteur me paraît tout compte fait assez secondaire.

 

Académie de Reims

" La méthode bureaucratique provoque une dévaluation et une instrumentalisation des procédures d’évaluation, car celles-ci sont suspectées d’être en fait du contrôle déguisé auquel il faut donc répondre par les conduites de ruse habituelles, propres aux cercles vicieux bureaucratiques." Demailly Lise.- L’obligation de résultats en éducation.- in "Administration et Education", n°2, 2003

 

Je ne crois pas qu’il suffit de rédiger une lettre de mission pour, quelque temps plus tard, " mesurer les écarts " et se trouver " en évaluation ". Je ne crois pas que les dsden dont je ne remets pas en cause les compétences administratives soient des évaluateurs.

La lettre de mission procède d’une perversion de l’évaluation, sous des aspects de sur-modernité. Elle va être négociée, cette lettre. Sans aucun doute. Et la perversion, c’est que les ien qui la rédigeront contribueront à faire porter la totale responsabilité de l’échec inévitable - car la nature même du métier inclut l’incomplétude, la complexité et l’incertitude- sur eux-mêmes. Un peu à la manière dont ça se passe à l’ESEN, pour les ien en formation initiale. M. Bonnet a produit un outil très intéressant, performant en évaluation, c’est-à-dire pour interroger la complexité des pratiques d’un ien. Si on limite l’outil au contrôle, il devient catastrophique, le stagiaire ayant largement contribué à faire son propre malheur. L’évaluation dénaturée, réduite au contrôle, dans un rapport d’évaluateur à évalué, dans une relation hiérarchique contribue à la souffrance des évalués. Tu peux voir ce qui se passe dans les entreprises, à France-télécom, bientôt à EDF, tu peux lire ce qu’en dit C. Dejours, et bien d’autres, tu verras que ce qui se fait là en matière de pseudo-évaluation, c’est un processus de disqualification de la personne. Parce que le réel du travail résiste au contrôle, parce que le réel du travail se signifie dans le processus d’évaluation et avec quelle difficulté.

Est-ce à dire qu’il faut refuser l’évaluation et le contrôle ? Certes pas. Je crois avoir écrit longuement et avec redondance que l’évaluation est nécessaire, comme le contrôle. Que l’évaluation est éthique et pas technique. Qu’on a des comptes à (se) rendre. Pour reprendre l’exemple de l’ESEN, et du " protocole " proposé par M. Bonnet, voilà un outil qui en évaluation permet de poser des problèmes d’évaluation, s’il reste privé, entre deux personnes. Voilà un dispositif qui est riche de sens. Dès qu’il devient instrument de contrôle, public, il est dangereux. Combien d’ien seraient renvoyés à leurs chères études si on arrivait à repérer qu’il n’y a pas corrélation entre ce qui a été prévu dans leurs missions et ce qui advient dans le réel.

Je refuse que mes compétences soient référées à une lettre de mission. Je préfère, dans une perspective de contrôle qu’il y ait un référentiel commun à tous les inspecteurs. Référentiel officiel, légal, contrôlé par les organisations syndicales en particulier, et d’autres acteurs. Je ne veux pas de petites phrases produites dans les officines départementales, ambiguës, interprétables. Je veux que ma conformité soit reconnue à l’aune de critères établis légalement. Je ne développe pas outre mesure, mais c’est ainsi que j’agis quand j’inspecte. Le contrôle que j’exerce – et qui n’est pas facile tant les textes auxquels je puisse me référer sont nombreux, contradictoires, interprétables. Le contrôle s’inscrit effectivement en position hiérarchique. Il y a bien un contrôleur et un contrôlé. Encore une fois, pour être clair, je ne refuse pas l’épreuve –c’en est une – du contrôle, mais il faut que cette opération s’effectue légalement.

Pour ce qui concerne l’évaluation, il s’agit de bien autre chose. " Une fondation de valeurs " ! Une attribution de valeur. " Il y a évaluation parce qu’on ne sait pas. " Voilà ce que dit Guy Berger. Voilà ce que nous avons tenté d’illustrer dans notre métier par la pratique de l’accompagnement, de la médiation et de l’animation des groupes qui sont les formes individuelles et collectives de l’évaluation. L’évaluation suppose la confiance et une éthique Celle-ci est fondée sur la valeur – mutualité. Mais tu peux lire tout cela par ailleurs. Pour évaluer, il faut être au moins deux. Pourquoi faut-il qu’il y ait un expert qui sait et un ignorant qui devrait savoir ? Non, en évaluation, c’est la parole qui construit un problème professionnel, toujours posé dans la singularité et qui est traité par effet d’évaluation. La seule expertise de l’inspecteur, c’est justement d’écouter et de faire travailler la parole évaluante. Tu sais que ce n’est pas facile. Il n’y a rien de particulièrement " sgeniste " en l’occurrence. L’évaluation est tout simplement d’essence démocratique.

Enfin, " but not least " je continue à affirmer que le dsden est le plus mal placé pour contrôler notre travail, encore moins pour l’évaluer. Je ne reprends pas l’argumentaire sur le corps unique, je conteste le statut de " supérieur hiérarchique " de l’ia-dsden. Tu me dis qu’on t’a confirmé ce statut. J’aimerais savoir qui s’autorise, et de quel texte on s’autorise pour affirmer ceci. Il faut bien que cette position soit écrite pour qu’elle soit effective. Que nombre de collègues le pensent et qu’ils se comportent en subalternes, je ne le nie pas, même si cela me navre, tant j’ai une haute idée de notre métier.

Pour sortir du piège de la pseudo-évaluation par " le supérieur hiérarchique direct ", je propose que ce soit le recteur pour tous les inspecteurs. Je me doute que le recteur ne va pas s’entretenir avec tous les ia-ipr, les ia-dsden, les ien-et et les ien-io. Il va déléguer. Pourquoi, dans ce cas ne pas rajouter les ien-ccpd et demander que la délégation du recteur ne puisse concerner un dsden ? Ce serait une manière d’éviter cette distinction insupportable et de préserver au moins notre dignité. Ce serait également distinguer les métiers de directeur, chef d’établissement et les métiers d’inspecteur.

Il y a bien des pièges à l’évaluation. Il y en a tellement que nous nous sommes longuement interrogés sur la question de savoir s’il fallait encore en parler. Et nous avons décidé malgré tout d’en parler. Mais ne tombons pas dans le piège bureaucratique de l’évaluation-contrôle. Avec le SIEN, continuons à réclamer la suppression des échelons hiérarchiques, surtout ceux qui ne figurent pas explicitement dans les textes. Il nous faut entrer maintenant dans la seconde modernité, là où l’évaluation est plus que nécessaire. Nous avons tenté la pédagogie, et nous avons connu quelque succès, nous avons tenté le seul contrôle et nous avons instauré des régimes féodaux. Il reste à développer l’évaluation. C’est au cœur du métier d’inspecteur.

 Retraité
L'affaire de l'évaluation des ien m'a interpellé et je voudrais vous faire part de quelques remarques, tant le problème me paraît crucial par rapport à nos viséees syndicales centrées sur le corps unique.
 Disons-le tout net: faire "évaluer" les ien par l'IA DSDEN, c'est contribuer à l'enlisement du processus, c'est donner à un personnage qui, en droit, n'a rien à voir avec la gestion des ien (relisons le statut!), des pouvoirs illimités. C'est désamorcer la construction du corps unique qui requiert que l'ensemble des inspecteurs soit placé sous l'autorité du recteur. Le DSDEN est le plus mal placé pour mener un entretien dit d'évaluation et il n'a ni légitimité, ni support légal pour produire des lettres de mission.
 
S'il peut encore ressortir quelque chose de positif de cette affaire, c'est l'occasion de faire définir, au niveau ministériel, un ensemble limité de critères cadrant l'exercice professionnel : à ce niveau, il doit être possible, syndicalement, d'agir pour que la conformité à la loi et au statut soit établie ( alors qu'au niveau départemental, voire académique, les autorités en prennent à leur aise!)
 
Quant à la lettre de mission, c'est une procédure en retard d'une guerre, un rideau de fumée et une prime à la restauration des pratiques féodales. L'entassement des tâches au PTA et du fait des IA  s'avère aujourd'hui une dérive que dénonce le ministre lui-même! La lettre de mission et l'entretien par l'IA, c'est une prime à l'incompétence de ceux-ci!
 
Comment peut-on qualifier d'évaluation ce fatras d'ordres démultipliés? S'il s'agissait encore d'un contrôle sérieux et honnête adossé à un référentiel professionnel, on pourrait comprendre, et l'action syndicale serait facilitée. Mais on n'aura qu'une accumulation de d'injonctions dictées par des IA soucieux de leur pouvoir et de leur carrière. S'il doit y avoir de l'évaluation, c'est bien autre chose : un travail d'élucidation, de confrontation, de découverte dans un contexte d'échanges professionnels, de confiance réciproque, de reconnaissance mutuelle. C'est ce que disent la quasi totalité des théories autour de l'évaluation professionnelle. L'ien, comme l'enseignant, y a droit. D'ailleurs, c'est le parti qui a été pris dans le cadre des formations de l'actuel PNP... C'est sûr, il y a du chemin à faire.
 
Autre risque de la lettre de mission, c'est de donner un statut de quasi établissement à la circonscription. Il serait justifié de relancer la réflexion sur ce point. Certains de nos collègues se perçoivent comme directeurs de circonscription, sous-directeurs départementaux. Ce n'est pas ma conception, mais il me semble nécessaire d'ouvrir le débat car, après tout,la création inéluctable, à plus ou moins long terme dans le premier degré d'établissements publics nous amènera à reposer la question du positionnement des inspecteurs. Peut-être nos collègues craignent-ils de ressembler aux IPR  du second degré, enfermés dans leur expertise disciplinaire et dans leur rectorat. Mais rien n'empêche de concevoir différemment le métier, de donner priorité au travail de la professionnalisation des enseignants, de conforter ce qu'il y a eu de positif et d'utile dans les pratiques du premier degré: présence, proximité, animation, équipe de circonscription, etc.
 
Je pense que nous ne nous posons pas assez ces questions. D'autres ne s'en privent pas qui pensent à notre place en veillant à ce que nous restions confinés dans cette culture "primaire", hiérarchique, "départementale".Le statut de 1990, à défaut de concrétiser le corps unique, faute de courage politique,a le mérite de créer les conditions d'une évolution vers ce but: il énonce  les compétences communes aux corps existants, ( c'est l'article 2),il supprime le "d" de l'IDEN ( donc il extrait celui-ci de la hiérarchie administrative), il définit la circonscription comme une mission attribuée par le recteur et comme le lieu où s'exercent les compétences d'inspection et d'évaluation. Voulons-nous restaurer le "D"? et donc renoncer au corps unique... que nous revendiquons?J'avoue que je me suis posé la question en lisant les positions très modérées du syndicat...
 
Enterrer le statut de 1990 serait une aubaine pour les organisations réactionnaires qui regroupent de nombreux IPR IA et autre société des agrégés.. Ce statut, malgré ses insuffisances, nous a offert, pour autant que nous ayons la volonté de nous en saisir,un cadre de liberté nécessaire aux positionnements spécifiques que requiert l'évaluation, l'animation, la médiation et l'accompagnement des enseignants. Ce cadre, soyons réalistes, nous est contesté, comme en témoigne le développement  du "harcèlement administratif" qui, pour les ien est la forme exacerbée du pouvoir hiérarchique dont les IA sont les acteurs principaux. Il est à craindre que la lettre de mission ne soit qu'un avatar supplémentaire de cette dérive qui n'a rien de fortuit ni d'innocent.
 
Certes, nombre de nos "pilotes" du système s'estiment modernes en développant la pratique de la lettre de mission. C'est à croire qu'ils sont "naïfs" ou incultes en matière de sociologie du travail. La réalité est bien plus triviale: la croyance en l'efficacité dès lors qu'est postulé le "résultat attendu" masque mal l'extension du pouvoir sur l'autre, la négation de sa contribution et de son potentiel. Si tout cela aboutit, cela signifiera, je le crains, que l'exercice du métier d'inspecteur, tel que le statut en définit les contours, n'est plus garanti. Et c'est l'indispensable contrôle syndical qui sera rendu inopérant...