Colloque de DOUAI - 9 octobre 1999
SI.EN-Fen - Académie de LILLE

Actes du colloque

L'inspecteur du 21ème siècle

Intervention de Renée Hasiak

Quel territoire pour un inspecteur ?

Il est possible de décliner "territoire" de plusieurs manières : mais est-ce vraiment le terme approprié ? En tout cas il est possible de caractériser le territoire : il peut être
            - géographique,
            - institutionnel,
            - disciplinaire.

Le territoire géographique : un inspecteur selon qu’il intervient dans le premier degré ou le second peut intervenir sur un secteur géographique restreint, large ou très large.

Cela va de la circonscription du premier degré une partie de ville, une ville…) à un ou plusieurs bassins, à l’académie ou à plusieurs académies à la france entière.

Pour ma part j’interviens sur 7 bassins, soit la moitié de l’académie.

" Quelle taille pour la cohérence d’un secteur géographique, la complé-mentarité et la continuité de l’action des inspecteurs ? " La question est posée, il est bien difficile d’y répondre. Un début de réponse pourrait être le bassin (en sachant que la taille d’un bassin de l'académie de Lille peut être comparée à la taille de certains départements).

Mais comment organiser l’action des inspecteurs ?

Car il y a le territoire institutionnel : un inspecteur du 1er degré intervient dans les Ecoles, parfois dans les collèges auprès des PEGC et pour les inspecteurs chargés de l’AIS des maîtres de SEGPA.

Un inspecteur "enseignement technique" intervient essentiellement en LP parfois aussi avec les collègues de l’AIS en collège auprès des PLP de SEGPA.

Les IA-IPR interviennent, quant à eux, en collège et en LEGT.

Comment organiser l’action des inspecteurs ?

Car il y a le territoire disciplinaire : un inspecteur "inspecte" selon sa spécialité et surtout selon son recrutement.

Il est "polyvalent" dans le premier degré et cela se conçoit indubitablement.

Il est incontestablement "bivalent" en enseignement général pour l’enseignement professionnel car les professeurs sont eux-mêmes bivalents.

Il est inévitablement "monovalent" pour l’enseignement général et technologique des lycées d’enseignement général et technologique.

Comment organiser l’action des inspecteurs ?

Comment assurer la continuité entre l’école et le collège ?

Entre le collège et le LP ?

Comment prendre en compte les difficultés des élèves au collège ? En les orientant vers les LP ?

Certes des stages communs aux professeurs de collège et de LP sont parfois mis en oeuvre, ils permettent aux professeurs de mieux se connaître, mais est-ce suffisant ?

" Quelle taille pour la cohérence d’un secteur géographique, la complé-mentarité et la continuité de l’action des inspecteurs ? "

Tout en gardant les spécificités de l’enseignement du premier degré et du second degré, la taille du secteur géographique pourrait être le bassin pour ce qui concerne la mise en oeuvre de la politique éducative arrêtée par le ministre et l’évaluation de l’enseignement des disciplines.

Facile à dire, difficile à réaliser.

Si je prends pour exemple les sciences physiques : les élèves du 1er degré sont initiés à cet enseignement, qui se poursuit au collège, puis dans les lycées. Nous devrions pouvoir mettre en commun ces diverses expériences, étudier les matériels à utiliser : doit-il être sophistiqué, pris dans la vie courante, proche des domaines où tout à la fois.

Malheureusement rien ne se fait dans ce sens à croire que chacun d’entre nous préserve jalousement son secteur.

Réunir, par secteur géographique, des inspecteurs de tous ordres pour assurer la continuité des actions pédagogiques (de la maternelle à la terminale) ne peut se faire sans changer les mentalités, les hommes (et les femmes !).

La conduite des audits des collèges et des lycées avait permis, en son temps, un certain rapprochement

Il est vrai qu’il ne tient peut être qu’à nous de poursuivre mais nous manquons d’initiatives, de volonté, nous manquons de temps.

Collègues du second degré (collège-lycées, LP) sommes appelés à intervenir sur de vastes zones géographiques, nous nous dispersons… alors qu’il serait possible de fédérer les compétences de chacun et de réduire les espaces.

En effet, la note de service qui a précédé la sortie du staut de 1990 précisait les missions et l’organisation de l’activité des inspecteurs. Cette note de service faisait référence à la Loi d’Orientation de 1989, loi qui mettait l’accent sur les missions nouvelles des corps d’inspection selon une approche plus globale et évaluative.

Il était également spécifié dans cette note que les inspecteurs des deux corps avaient vocation à intervenir dans tout type d’établissement.

Cette NS appelait à travailler en commun afin d’aboutir à une démarche qui ne devrait pas être l’addition d’approches spécifiques.

Mais cette note de service était-elle trop extravagante ? Elle n’a jamais été véritablement appliquée.

Ce n’était bien sûr qu’une note de service, pas un décret…