Colloque de DOUAI - 9 octobre 1999
SI.EN-Fen - Académie de LILLE

Actes du colloque

L'inspecteur du 21ème siècle

Intervention de Gaston GRARE - IA-IPR

        Ce ne sera certainement pas faire preuve d'originalité que de redire, en guise de préambule, la satisfaction des inspecteurs – et tout particulièrement de ceux qui sont affiliés à la FEN - d'avoir travaillé à la réalisation des chantiers ouverts par Monsieur le Recteur Claude PAIR et dorénavant des chantiers impulsés avec une méthode qui n'exclut ni la générosité, ni même l'enthousiasme par Monsieur le Recteur Jean-Claude FORTIER.

        Les inspecteurs ont ainsi le sentiment – peut-on dire la fierté? - de servir la grande ambition du nouveau Projet académique qui consiste, il n'est pas inutile de le rappeler à "consolider le socle de la scolarité obligatoire", à "réussir l'orientation", à "forger la citoyenneté" et à "donner à chacun la possibilité de se former tout au long de sa vie".

        Les inspecteurs constatent par là également que l'institution leur reconnaît un rôle majeur dans la réussite de l'avenir des jeunes du Nord – Pas de Calais et observent – en la vivant - une concordance très réconfortante entre de nombreux points de vue exprimés depuis longtemps par le SIEN – FEN et les politiques ministérielles et académiques mises en œuvre.

        Est-ce à dire que les conditions particulièrement propices, dans l'Académie de LILLE, à la concrétisation de leur désir de servir, suffisent à leur faire atteindre le plein épanouissement syndical ?

        Certes non !

        Il reste d'abord et encore – et ce inlassablement - à travailler à la cohésion du corps. La valorisation des individus ne peut, en effet, procéder uniquement des performances individuelles mais doit être rapportée à la contribution du groupe qui leur permet ainsi de se réaliser.

        Il reste ensuite à poursuivre la réflexion, déjà largement entamée – mais qui tarde trop souvent à se concrétiser - sur les formations souhaitables, à l'aube du troisième millénaire, pour les élèves et partant pour les enseignants.

        En particulier, dans le cadre d'une scolarité légale jusqu'à 16 ans, mais en termes de réalité jusqu'à 20 ans bien souvent, ne devient-il pas urgent de redéfinir, dans une approche résolument globale et intégrée, le contenu des formations de la maternelle à la classe terminale ? La spécialisation rampante pour les professeurs des Ecoles et cruellement explicite et revendiquée pour les professeurs des lycées et collèges, constitue-t-elle la matrice d'une formation bien en phase avec les défis éducatifs actuels et à venir ?

        Il reste enfin à espérer – et bien sûr à travailler de façon à nourrir cet espoir - que, dans le cadre de directives dépourvues d'ambiguïtés et qui tirent des conclusions sans concession des leçons du passé, l'institution, dans son ensemble, évite à la fois la discontinuité des regards portés sur l'élève et sur le système scolaire, la méconnaissance souvent polémique de son économie générale, les ruptures diverses ainsi que les confrontations de statuts.

        Vous le voyez, il nous reste beaucoup à faire mais j'espère, qu'à partir des modestes orientations exprimées, ce colloque parviendra à avoir raison des dernières réticences qui s'opposent à la constitution d'un corps unique d'inspection aux missions diversifiées et identifiées et à obtenir, dans l'immédiat, la satisfaction des revendications légitimes des inspecteurs de l'éducation nationale et des inspecteurs d'académie.