Langues régionales

 

Projet de circulaire

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Programme de développement de l'enseignement des langues et cultures régionales à l’école, au collège et au lycée. Modalités de mise en œuvre de l’enseignement bilingue.

 

 

La circulaire n° 95-086 du 7 avril 1995 a consacré la reconnaissance et la place accordées à l’enseignement bilingue français-langue régionale à l’école et au collège.

 

Les bilans et évaluations réalisés depuis dans les différentes régions concernées ont confirmé l’intérêt éducatif d’un bilinguisme français-langue régionale dont témoignent d’une part le développement des ouvertures de classes bilingues à l’école et, d’autre part, la consolidation et l’extension des sections existantes au collège.

 

Une nouvelle étape doit être à présent engagée.

 

Celle-ci doit permettre d’intégrer plus étroitement le dispositif d’enseignement bilingue au dispositif général de développement de l’enseignement des langues vivantes de l'école maternelle à l’université et de contribuer ainsi à l’élargissement de la politique d’offre publique d’enseignement des langues vivantes préconisée dans ce plan.

 

L’impulsion ainsi donnée doit aussi faire ultérieurement de cette forme d’enseignement le mode privilégié d’enseignement des langues régionales.

 

 

I - Orientations générales

 

L’enseignement de la langue régionale dispensé sous la forme bilingue doit être intégré à l’ensemble de la réflexion portant sur les évolutions que sera susceptible de connaître, au cours des prochaines années, l’enseignement des langues vivantes.

 

Son objectif premier est de permettre aux élèves, par une pratique plus intensive de la langue régionale au travers d’un horaire renforcé et d'un enseignement dans la langue régionale, d’atteindre un niveau de communication et d’expression orale et écrite plus performant et de s'ouvrir aux divers aspects des réalités culturelles véhiculées par cette langue.

 

Dans certaines régions, que leur situation géographique place dans une position particulière, l’enseignement bilingue sera aussi le vecteur d’une politique d’ouverture vers la langue et la culture voisines en favorisant plus particulièrement une politique d’échanges entre établissements scolaires et le renforcement des solidarités entre les régions européennes.

 

De même la parenté linguistique de certaines langues régionales avec des langues étrangères, ou les communautés linguistiques transfrontalières, sera susceptible d’être exploitée et de donner lieu à une réflexion sur la langue de nature à faciliter l’apprentissage ultérieur d’autres langues vivantes.

 

 

II - Organisation des enseignements

 

1) A l’école primaire

 

a) Implantation des sites bilingues

 

La circulaire 95-086 précise que "l'enseignement bilingue sera organisé lorsque la demande des parents aura été exprimée et reconnue".

Ÿ La création d'un site bilingue peut être envisagée à l'initiative des enseignants et/ou des parents d'une école, de leurs représentants ou des représentants de la collectivité locale.

 

Ÿ Le projet fera l'objet d'une concertation entre les partenaires concernés. Parents, enseignants et municipalité doivent être bien informés des objectifs de l'enseignement bilingue et du fonctionnement d'une école à double cursus. Leur adhésion au projet est une des conditions de sa réussite. Une information approfondie sera donc menée par les maîtres-formateurs de la langue régionale, l'inspecteur de la circonscription et le chargé de mission de langue et culture régionales. Le projet est ensuite présenté au conseil d'école qui émet un avis.

 

Ÿ La demande de création du site bilingue, où figurent la liste des parents intéressés et l'accord de la commune, est ensuite transmise par la voie de l'Inspecteur chargé de la circonscription à l'inspecteur d'académie qui prend la décision en accord avec le Recteur.

 

Ÿ Une carte départementale et académique des sites bilingues sera progressivement construite pour assurer de façon cohérente la continuité et le développement de l'enseignement bilingue.

 

Les inspecteurs d'académie, auxquels il revient de s'assurer que l'ensemble des conditions énoncées ci-dessus se trouvent effectivement réalisées, veilleront avec la plus grande attention à la cohérence de ces sites avec les autres sites bilingues existant dans le département.

 

Les règles définies par l'inspecteur d'académie obéissent aux principes généraux suivants.

 

b) Principes et organisation

 

L’enseignement bilingue commence à l’école maternelle, dès le cycle 1, et se poursuit à l’école élémentaire. La langue régionale y est à la fois langue enseignée et langue d’enseignement dans plusieurs domaines d’activités et d’apprentissages.

 

Le bilinguisme à parité se définit par un enseignement à parité horaire en langue régionale et en langue française avec une répartition équilibrée pendant la semaine de classe.

 

Dans l'enseignement bilingue dispensé selon cette modalité, les enfants suivent respectivement pour la semaine de 24h ou pour la semaine de 26 h :

- 12 ou 13 heures en langue française,

- 12 ou 13 heures en langue régionale.

Le temps consacré aux enseignements de langues vivantes est partagé entre la langue étrangère et la langue régionale, le temps consacré aux langues vivantes étrangères étant décompté.

Il appartiendra aux inspecteurs d'académie, de veiller à en assurer l'efficacité, la cohérence avec les objectifs et les programmes nationaux.

 

L'enseignement bilingue dispensé selon la méthode dite de l'immersion qui constitue l'autre mode d'accès au bilinguisme se caractérise par l'utilisation de la langue régionale comme langue véhiculaire pour les autres apprentissages, enseignements et vie scolaire. Les programmes applicables dans les classes fonctionnant selon ce modèle sont les programmes nationaux.

 

De même que la précocité à l'entrée dans le cursus d'enseignement bilingue constitue un facteur important de réussite pour les élèves, pour bénéficier des apports intellectuels, éducatifs, linguistiques et culturels du bilinguisme, dès l'ouverture d'un site bilingue à l'école, la suite du cursus bilingue doit être prévue au collège et au lycée en cohérence avec la carte arrêtée par les autorités académiques.

 

L'enseignement bilingue à parité est organisé selon les modalités suivantes :

 

Ÿ une langue/un enseignant

En règle générale et sauf exception autorisée par les autorités académiques, deux maîtres se partagent le temps d'enseignement : l'un prend en charge l'enseignement en français, l'autre l'enseignement en langue régionale. La modalité une langue/ un enseignant applique le principe de "la personne de référence", ce qui facilite le travail de l'enfant dans les enseignements en français et en langue régionale. Elle permet d'organiser de façon claire pour l'enfant la communication en langue seconde dans des activités et avec un enseignant utilisant le même code linguistique. Elle favorise la capacité d'expression des enfants dans les deux langues et réduit les interférences.

 

Ÿ une organisation en section ou en classe

Dans un site bilingue, l'enseignement est organisé en sections ou en classes, en fonction des effectifs respectifs des deux voies, du nombre de classes et des choix pédagogiques des équipes concernées. La décision est prise en conseil des maîtres. La classe bilingue est constituée d'élèves qui suivent tous l'enseignement bilingue. La section bilingue regroupe, pour les activités en langue régionale, des élèves qui suivent l'enseignement bilingue. Ils viennent d'une ou plusieurs classes composées, pour les activités en français, d'élèves monolingues et bilingues.

Une classe ou une section bilingue peut regrouper des élèves de niveaux différents.

 

Ÿ l'alternance des enseignements

La période d'alternance minimale des enseignements en français et en langues régionales est fondée sur la demi-journée.

 

Dans la mesure du possible, il est souhaitable que l’organisation retenue n’isole pas les enfants inscrits dans l’enseignement bilingue des autres enfants.

 

L'enseignement bilingue dispensé selon les méthodes de l'immersion qui implique, pour les conditions de son exercice, l'existence d'un cadre homogène, repose sur une logique d'établissement.

Il est organisé selon les principes suivants :

 

- A l'école maternelle, phase la plus intensive d'acquisition de la langue régionale, l'ensemble des activités scolaires et de leur accompagnement s'effectue en intégralité dans cette langue.

 

- A l'école primaire, où l'introduction du français s'effectue progressivement, les enseignements de langue régionale et en langue régionale sont modulés en fonction de la spécificité du projet pédagogique. Cette intensification devra toutefois être compatible avec l'exigence pour les élèves ayant suivi cette méthode d'enseignement de posséder, à l'issue du CM2, une compétence en français identique à celle des élèves des classes correspondantes de l'enseignement monolingue ou des classes bilingues fonctionnant selon le principe de la parité horaire. Dans les disciplines enseignées en langues régionales, le vocabulaire doit être acquis en français. Cette disposition doit permettre de renforcer les liens entre les deux maîtres intervenant dans ces classes ainsi que la compréhension des notions à acquérir dans ces disciplines.

 

Au collège et au lycée, comme à l'école primaire, l'enseignement est dispensé principalement en langue régionale mais il inclut obligatoirement au moins deux disciplines enseignées en français et deux disciplines enseignées en langue régionale.

 

Il appartient à l'établissement où est implanté un enseignement de langue régionale par immersion de déterminer, dans le cadre de son projet pédagogique spécifique, le quota des disciplines bénéficiant de l'enseignement dans la langue régionale

 

c) Objectifs linguistiques de l'enseignement bilingue

 

Dans l'enseignement bilingue, la construction des apprentissages et la maîtrise progressive de la langue seconde sont indissociables. Les observations issues de la diversité des situations et des évaluations menées dans les classes ont mis en évidence la nécessité de définir des repères de compétences en langue régionale pour chacun des principaux paliers du système éducatif.

 

Dans l'immédiat, les objectifs généraux suivants peuvent être formulés.

A l'issue de l'école maternelle, il est souhaitable que les enfants sachent s'exprimer, à l'oral, dans la langue régionale, de façon compatible avec les intérêts et l'expérience d'enfants de leur âge. A la fin du CM2, les compétences seront du même ordre, sinon de la même ampleur que celles acquises en français. Elles seront mises en relation avec celles définies pour les cycles à l'école primaire par les programmes officiels.

 

Les objectifs linguistiques visent trois domaines de compétences, le but de chacun des cycles de la scolarité étant de les perfectionner progressivement :

- les compétences de communication ;

- les compétences linguistiques ou langagières, compétences de production orale, de lecture et d'élaboration d'écrits ;

- les compétences relatives au fonctionnement de la langue ou compétences métalinguistiques.

Ces compétences se développent par paliers et de manière concomitante dans les deux langues.

 

Ÿ les compétences de communication

Le but de l'enseignement bilingue est d'amener progressivement les élèves à utiliser les langues régionales ou le français avec leurs pairs du même âge, mais aussi avec les adultes, dans l'école et dans le milieu familial et social. Les enfants doivent prendre progressivement conscience qu'ils utilisent deux codes différents, que la communication verbale se construit à partir de quelques unités langagières simples et qu'elle s'élabore grâce aux apports des interlocuteurs. L'interaction verbale entre l'enfant et autrui (maître, interlocuteurs enfants et adultes) dans la vie de l'école et les activités de la classe, dans le milieu familial et social, est à la fois l'objectif et le moteur de cet apprentissage. Le maître doit permettre à l'enfant de comprendre que les moyens de réaliser concrètement la communication varient selon les situations et les contextes : ils ne sont pas les mêmes dans la classe ou sur le terrain de jeux. Le maître lui apporte en situation le matériau linguistique approprié. Actif dans la vie scolaire, l'enfant y assume des responsabilités, explique ses actions, apprend à écouter le point de vue de l'autre.

 

A l'issue de l'école maternelle, les enfants devront être capables de tenir le rôle d'interlocuteur dans différents types de conversation en langue régionale, de maintenir le contact avec leur partenaire, de le comprendre, de se faire comprendre de lui, de coopérer et de collaborer avec lui pour produire du sens.

 

Le passage d'une langue à l'autre, loin de constituer une erreur qu'il faudrait sanctionner, sera accepté comme l'indice d'une bilingualité en construction, marquée par la coexistence, dans la pratique linguistique du même individu, de formes différentes issues de codes différents. Chaque fois qu'il le jugera opportun le maître aidera l'enfant et les autres enfants en reformulant correctement son message et en lui demandant de le reprendre. Il valorisera l'entraide mutuelle, les efforts et les réussites des enfants.

 

Ÿ les compétences linguistiques ou langagières

Dès le plus jeune âge, l'enfant découvre par la pratique orale l'existence de formes de textes variées : comptines et chansons, contes et récits, recettes, albums de fiction ou documentaires… C'est sur cette connaissance qu'il construira l'apprentissage de la lecture et de l'écriture.

L'organisation de la production orale est conçue comme une aide à la mise en cohérence entre langage et pensée et comme une verbalisation de la pensée. Elle permet à l'enfant des trois cycles de s'approprier et d'utiliser les matériaux linguistiques qui traduisent au mieux ce qu'il veut exprimer, dans les différentes fonctions du langage (par exemple : décrire des situations, raconter des événements, exposer un point de vue ou un raisonnement, faire un compte rendu…).

 

L'organisation de la production orale enfantine doit être élaborée dès la petite section.

 

La découverte de l'écrit fait partie des objectifs de l'école maternelle. Il est donc essentiel que, dès la maternelle, l'enfant soit mis en présence d'écrits significatifs et fonctionnels dans les deux langues. L'expérience prouve que, dans l'enseignement bilingue, le savoir-lire se développe de manière parallèle dans les deux langues. En même temps qu'ils apprennent à lire en français, ou selon un décalage temporel avec l'apprentissage du français écrit, les enfants seront incités à transférer leurs acquis à la lecture de textes en langue régionale de difficultés graduées. A travers des exercices réguliers, le savoir-lire en langue régionale sera étendu, à partir du CE1 notamment, à toute la typologie des textes pratiqués en français.

 

La BCD de l'école et les coins de lecture ou d'écoute des classes offriront la documentation existante en langue régionale : albums, livres et revues destinés aux enfants, mais également cassettes, vidéos, CD ou cédéroms…

 

Ÿ Les compétences métalinguistiques

L'accès aux premières "compétences métalinguistiques" commence lorsque les enfants, guidés par le maître ou spontanément, font leurs premières observations sur les productions orales. Elles renforceront, à la manière d'une grammaire implicite, la prise de conscience et la maîtrise progressive du code oral puis écrit.

 

d) Une démarche coordonnée et comparative

 

La concertation entre l'enseignant de français et l'enseignant de langue régionale est indispensable pour harmoniser l'étude de notions ou de faits de langue communs. En effet, malgré la différence de niveau de pratique des deux langues, les modalités d'apprentissage et de structuration du français et de la langue régionale se ressemblent par moments, s'interpénètrent et peuvent se compléter. Les acquis, notamment au niveau métalinguistique, sont transférables d'une langue à l'autre.

Les maîtres de l'enseignement bilingue intégreront aussi à leur stratégie pédagogique l'apprentissage de la langue étrangère en cycle 3. La discrimination des sons, le repérage de l'accent tonique, de l'intonation, de la prosodie et d'une partie du vocabulaire en seront largement facilités.

 

e) Evaluation

 

Les maîtres procéderont à des évaluations du français et des contenus disciplinaires en s'inspirant des outils diffusés par la direction de l'enseignement scolaire. Les évaluations des acquis dans les disciplines enseignées en langue régionale seront dissociées de l'évaluation des compétences linguistiques et pourront être faites dans l'une ou l'autre langue, ou en alternance, à partir du cycle 3.

 

2) Au collège

 

L'ensemble des formes d’enseignement bilingue qu'un arrêté à paraître prochainement inscrira dans un cadre réglementaire se poursuit dans le second degré de la manière suivante.

 

Pour l'enseignement bilingue dispensé selon les méthodes de l'immersion, l'enseignement, au collège et au lycée, comme à l'école primaire est effectué principalement en langue régionale mais il inclut obligatoirement au moins deux disciplines enseignées en français et deux disciplines enseignées en langue régionale.

 

Il appartient à l'établissement où est implanté un enseignement de langue régionale par immersion de déterminer, dans le cadre de son projet pédagogique spécifique, le quota des disciplines bénéficiant de l'enseignement dans la langue régionale.

 

Dans le prolongement de l'enseignement à parité dispensé dans les écoles et de manière à en assurer la continuité nécessaire, des "sections de langue régionale" sont mises en place dans le collège. Leur implantation doit s'effectuer dans le cadre d'un bassin d'établissements et en étroite articulation avec le réseau d'écoles assurant ce type d'enseignement.

 

Ces sections permettent une intensification de la pratique de la langue régionale déjà acquise à l’école et l’approfondissement de la culture propre à la région de diffusion de la langue dans ses diverses composantes littéraires, historiques, géographiques et artistiques.

 

Leur fonctionnement s’inscrit dans le cadre du projet d’établissement. Elles s’adressent en priorité aux élèves ayant déjà suivi un cursus bilingue mais peuvent être ouvertes sous certaines conditions à d’autres élèves, s’ils sont en mesure d’en suivre l’enseignement avec profit.

 

Ces sections offrent :

 

- un enseignement de langue et culture régionales de trois heures hebdomadaires minimum ;

- un enseignement d’une ou de plusieurs disciplines dans la langue régionale ;

- un enseignement à parité en français et en langue régionale.

 

En fonction de la poursuite des évolutions qui interviendront dans les enseignements de langue régionale à l'école, la structure des enseignements dispensés dans ces sections sera susceptible de faire l'objet de compléments ultérieurs.

 

Les enseignements dispensés dans ces sections peuvent faire l’objet d’une validation au diplôme national du brevet sur lequel pourra être portée la mention “section langue régionale” dans des conditions fixées par arrêté.

 

3) Au lycée et au lycée professionnel

 

Dans le prolongement des sections au collège et selon des dispositions identiques, leur ouverture en lycée pourra être envisagée dans le cadre des projets d’établissement. Elles pourront connaître des évolutions identiques à celles susceptibles d'affecter les sections fonctionnant au collège.

 

Toutefois, l’ouverture de ces sections sera subordonnée, en tout état de cause, à la possibilité que soit assuré par un personnel qualifié l’enseignement de la ou des disciplines non linguistiques, dans la langue régionale concernée.

 

Une mention “ section langue régionale ” sera portée sur le diplôme du baccalauréat général, du baccalauréat technologique et du baccalauréat professionnel, selon des modalités définies par arrêté.

 

 

III - Recrutement et formation des maîtres

 

Dans une structure bilingue, l’enseignement de la langue régionale et en langue régionale doit être confié à des enseignants qualifiés :

 

- soit des instituteurs ou professeurs des écoles possédant un diplôme universitaire de langue régionale leur reconnaissant la qualification linguistique ;

- soit des instituteurs ou professeurs des écoles ne possédant pas ce diplôme, mais dont la compétence linguistique aura été attestée par une commission ad hoc réunie au plan départemental ou académique.

 

L’affectation des enseignants est prononcée par l’inspecteur d’académie après consultation des instances paritaires.

 

Auprès de chaque inspecteur d’académie, directeur des services départementaux de l’éducation nationale, un inspecteur chargé de circonscription, qu’il désigne, assure la coordination et le suivi de l’enseignement de langue régionale.

 

1) Formation initiale

 

Dès la rentrée 2001 et sans préjudice des dispositions à venir dans le cadre de la réforme de la formation initiale, l'IUFM organisera, en deuxième année, pour les professeurs stagiaires volontaires ayant une bonne connaissance de la langue, un module spécifique pour l'enseignement de la langue régionale et en langue régionale. Cette formation comprendra :

- un renforcement linguistique,

- la préparation d'un mémoire sur l'enseignement de la langue régionale ou sur l'enseignement bilingue dont la présentation et la discussion pourront être faites en langue régionale,

- un stage de pratique accompagnée.

 

A partir de 2002, les professeurs des écoles destinés à enseigner dans des classes bilingues seront recrutés à l’issue d’un concours spécial dont les épreuves favoriseront la prise en compte des compétences acquises dans la langue au cours de leur scolarité. Les textes définissant les modalités de ce concours spécial seront publiés dans le courant de l'année scolaire 2000-2001.

 

2) Formation continue

 

L'IUFM, en liaison avec les inspecteurs d'académie, la mission d'inspection pédagogique régionale en langue régionale et conformément au cahier des charges qui lui sera présenté :

- organisera chaque année au moins un stage interdépartemental pour les enseignants de langue régionale des sites bilingues et un stage pour les formateurs dans une perspective d'échanges et d'harmonisation académiques,

- mettra en œuvre des recherches-formation sur des thèmes relatifs à l'enseignement bilingue tels que les moyens de développer les interactions langagières, les démarches de structuration des deux langues, la diversification des stratégies de compréhension…

Des postes de maîtres d'application en classe bilingue seront progressivement créés pour contribuer à la formation initiale et continue.

 

3) Aide pédagogique à l’école primaire

 

Les écoles des sites bilingues et leurs enseignants bénéficient du soutien des inspecteurs de circonscription, de leurs équipes et, plus particulièrement pour la langue régionale de l'aide des conseillers pédagogiques et des maîtres-formateurs du département. L'emploi d'assistantes maternelles (ATSEM) bilingues pourra être conseillé aux municipalités.

 

IV - Dispositif d'accompagnement

 

1) Matériel pédagogique

 

La production et la diffusion de matériel pédagogique adapté aux sections bilingues sont organisées par la mission d'inspection pédagogique régionale en langue régionale en liaison avec le conseil académique des langues et cultures régionales, le centre régional de documentation pédagogique, les collectivités territoriales intéressées.

 

2) Liaison avec un environnement adapté

 

La présence de la langue régionale dans la vie de la classe, de l'école ou de l’établissement et de leur environnement est une condition du succès d'un site bilingue. Elle peut être assurée dans l'école par l'affichage, l'utilisation des médias, l'enrichissement de la documentation (BCD, coins de lecture et d'écoute) avec des ouvrages, revues enfantines et albums en langue régionale.

L'intervention de locuteurs en langue régionale, la correspondance, les sorties, les manifestations culturelles, les classes de découverte seront autant d'occasions d'imprégnation linguistique, d'ouverture et d'échanges motivants.

L'école encouragera la pratique familiale de la langue régionale afin de soutenir le projet bilingue.

Pour faciliter la mise en œuvre de l'enseignement bilingue, les collectivités locales pourront contribuer à l'équipement des écoles et des établissements en matériel (livres, matériel audiovisuel…), ainsi qu’en salles spécialisées.

 

Enfin il est important d’insister sur certaines initiatives qu’il convient de prendre pour créer les conditions les plus favorables au développement de l’enseignement bilingue :

 

Ÿ tout d’abord informer les familles, les enseignants et les collectivités locales sur la légitimité, l'intérêt et les modalités de l'enseignement bilingue : un document sera proposé et diffusé à cet effet dans chaque académie ;

 

Ÿ valoriser le travail des enseignants : les activités supplémentaires liées à l'enseignement bilingue pourront donner lieu à l'attribution d'indemnités dans des conditions qui seront précisées ultérieurement ;

 

Ÿ rechercher de nouveaux sites : dans les secteurs des collèges où existe déjà un enseignement bilingue, on proposera l'ouverture de nouvelles sections pour consolider l'ensemble du cursus, assurer la continuité dans de bonnes conditions et la cohérence de la carte de l'enseignement bilingue ;

 

Ÿ d'une manière générale, le soutien des collectivités territoriales susceptibles d'être intéressées par la promotion de la langue et de la culture régionales sera recherché.

 

Le développement attendu de l'enseignement bilingue représente une des opportunités pédagogiques pour renouveler en le rendant plus attractif l'enseignement des langues vivantes. Il est aussi un moyen de mieux inscrire la pratique de ces langues dans le quotidien dans lequel sont appelés à évoluer les élèves. Il constitue également le moyen privilégié pour installer et consolider durablement l'enseignement des langues régionales. C'est pourquoi là où la situation spécifique de votre académie facilite tout particulièrement la mise en place de l'enseignement bilingue, je vous invite ainsi que vos personnels concernés à apporter à la mise en œuvre de ce volet du programme de développement de l'enseignement des langues et cultures régionales toute l'énergie nécessaire et vous remercie par avance de cette collaboration.