Forum sur l'enseignement des langues régionales

 

Préparation de la rentrée scolaire 2001 dans le premier degré

Extrait de la circulaire n° 2001-051 du 21 mars 2001 parue au BO n° 13 du 29 mars 2001

 

II - Développer l'apprentissage des langues vivantes

 

Intégrer ce champ disciplinaire dans la culture scolaire de l'école primaire
L'apprentissage des langues vivantes à l'école s'inscrit aujourd'hui dans un plan à long terme qui devrait voir en 2005 chaque collégien prêt à aborder l'étude d'une autre langue dès la classe de 6ème. Il reviendra donc à l'école primaire tout au long du cycle II et du cycle III de doter les élèves de capacités de communication dans une langue autre que la langue nationale. C'est dans cette perspective que l'enseignement des langues vivantes sera intégré dans les nouveaux programmes de l'école primaire qui entreront en vigueur à la rentrée 2002.
Par-delà les compétences spécifiques qu'il permet de construire, l'enseignement précoce d'une langue autre que la langue nationale est de nature à enrichir l'enseignement même du français. Il constitue également un point d'appui naturel pour une ouverture sur le monde extérieur. Il est en effet indispensable, même si les objectifs de communication restent essentiels, de développer l'intérêt pour des réalités culturelles différentes. Ainsi, l'intégration d'une langue vivante à l'école primaire constitue-t-elle bien plus que l'ajout d'une matière supplémentaire.

 

Organiser rigoureusement la politique des langues vivantes
À la rentrée 2001, l'objectif est de généraliser l'enseignement d'une autre langue vivante que le français dans toutes les classes de CM1 et de CM2 ; dans l'attente des nouveaux programmes en cours d'élaboration, cet enseignement sera organisé selon les instructions de la circulaire du 4 novembre 1999. Sans imposer une programmation stricte, les référentiels définis dans ce texte proposent des contenus et l'explicitation de compétences attendues, dans une perspective de continuité école/collège.
Les conditions de cette généralisation doivent être mises en place avant la fin de la présente année scolaire ; divers volets sont à prendre en considération :
L'élaboration d'une "carte des langues", pour allier diversification linguistique et continuité des apprentissages, sera pensée à l'échelle de bassins ou de territoires pertinents pour la suite des études des élèves.
Vous veillerez à ce que les apprentissages commencés à l'école primaire puissent être continués en classe de 6ème et au-delà, quelle que soit, ensuite, l'orientation des élèves.
Quant à l'implantation des langues dites de faible diffusion dont il convient d'encourager l'étude, vous serez très attentifs à organiser l'offre dans un réseau cohérent d'écoles et d'établissements du second degré, en particulier dans des secteurs où existe un environnement culturel favorable (jumelages, échanges économiques, activités locales prenant en compte cette ouverture). Ces langues "rares" feront l'objet d'une attention soutenue. Un effort particulier devra être mené pour sensibiliser les familles à l'intérêt d'ouvrir l'éventail des langues vivantes étudiées.
Pour les élèves qui n'auront pas commencé l'étude de l'anglais à l'école primaire, cet enseignement sera dès que possible offert en langue vivante 2 dès la classe de 6ème. Les langues régionales seront intégrées à l'ensemble des langues dont l'étude est proposée dans chaque site ; des circulaires complémentaires viendront prochainement éclairer les aspects spécifiques de cet enseignement.
Afin d'en assurer pérennité et qualité, la formation continue des instituteurs et professeurs des écoles doit avoir l'enseignement des langues comme priorité forte. Une variété de modalités de formation sera recherchée pour améliorer tant les compétences linguistiques que les compétences pédagogiques des enseignants (stages ajustés aux besoins des participants du point de vue linguistique et du point de vue pédagogique, ateliers de pratiques linguistiques, séjours linguistiques articulés avec des sessions de formation en France, formation à distance ou avec supports multimédia, etc.).
La création de véritables formations à dominantes permettra à l'école primaire de disposer des personnes ressources dont elle a besoin pendant cette période d'expansion d'un enseignement nouveau.
Vous veillerez à engager dès maintenant une étude prévisionnelle du nombre d'enseignants à former pour préparer un plan pluriannuel de formation qui tienne compte de la diversité des langues offertes et des compétences actuelles des enseignants en poste.
Cet effort de formation serait vain sans une bonne gestion des ressources. Dans cette période, il convient d'envisager le "profilage" de certains postes. Ainsi, dans les zones rurales, des postes de maîtres itinérants peuvent être nécessaires ; dans les écoles de plus grande importance, le "fléchage" d'un ou deux postes peut attirer des enseignants formés et désireux de mettre leurs compétences au service de diverses classes.
Vous veillerez à ce que les solutions nécessaires pour garantir l'égalité d'accès des enfants à un enseignement qui devient un droit soient examinées avec les représentants des personnels, pour que l'on trouve des réponses adaptées aux besoins locaux et compatibles avec une bonne gestion de l'ensemble des personnels.
Un inventaire des ressources humaines actuellement disponibles et susceptibles de l'être encore à la rentrée prochaine (enseignants du premier et du second degré, intervenants extérieurs) sera effectué afin de connaître les besoins réels en personnels pour septembre ; cet inventaire établi avant la procédure annuelle du mouvement permettra de porter à la connaissance de tous, en temps utile, les postes "profilés". Le recrutement d'intervenants extérieurs, l'appel à des assistants étrangers, le recours aux professeurs du second degré seront organisés avant la fin de la présente année scolaire. Pour assurer un bon fonctionnement du service le plus tôt possible dans l'année, les procédures d'habilitation des maîtres et des intervenants seront mises en place, autant que faire se peut, avant la fin de la présente année scolaire. À cet égard, des indications (procédures et niveaux d'exigence) seront données prochainement mais, d'ores et déjà, on peut utilement se reporter aux éléments de l'annexe à la circulaire du 17 juin 1999.
Les modalités d'une aide nationale pour l'accès à des ressources multimédias vous seront communiquées dès leur mise en place.
Là où c'est envisageable, il est d'ores et déjà possible d'expérimenter des formes diverses d'organisation de cet enseignement de langues, selon des formules qui peuvent s'inspirer de ce qui existe pour les langues régionales et qui seront confortées dans les textes à paraître prochainement ; ainsi par exemple, des séances relevant de champs disciplinaires variés peuvent avoir lieu, en totalité ou en partie, dans la langue vivante étrangère étudiée. En particulier,
vous soutiendrez les initiatives des équipes pédagogiques qui tentent d'implanter l'apprentissage d'une langue vivante dès la fin de l'école maternelle.