Tables rondes dans le cadre de la préparation de la future loi d'orientation

 

Le directeur de cabinet du ministre a organisé 5 tables rondes pour préparer, avec les organisations syndicales, la future loi d'orientation.

Les thèmes retenus étaient :

            - les finalités de la scolarité obligatoire

            - l'ouverture de l'école sur le monde

            - les premiers apprentissages

            - les filières des lycées

            - les métiers de l'éducation.

L'UNSA Education ayant droit à 3 représentants pour chacune des réunions, le SI.EN a pu participer aux tables rondes 2 et 3 et travailler au sein de l'UNSA Education à la réflexion sur les  autres thèmes.

Pour chaque table ronde, il a distribué (la veille) un bref questionnaire destiné à alimenter la réflexion.

 

table ronde n° 2  : l'ouverture de l'école sur le monde (4 novembre 2004)

L'UNSA Education était représenté par Jean-Louis Blanc, Claire Krepper (SE) et Michel Volckcrick (SIEN)

Les questions :

        1. Faut-il inclure la connaissance de l'anglais et à quel niveau dans la scolarité obligatoire ?

        2. Comment modifier les modalités de formation et de certification pour se rapprocher du cadre européen de référence ?

        3. Comment mieux préparer au collège les choix d'orientation ? Quelle articulation entre les établissements et les CIO ?

        4. Peut-on améliorer la liaison orientation/affectation notamment en fin de 3ème ?

        5. Quelles évolutions envisager pour que l'éducation nationale participe de manière significative à la mise en oeuvre du droit à la formation continue des       adultes ?

        6. Quel partenariat faut-il envisager avec les entreprises ?

Les positions de l'UNSA Education

        1 et 2. La connaissance d'un anglais de communication internationale est indispensable. Cette connaissance n'exclut pas l'aspect culturel de la langue mais elle suppose un programme et des pratiques pédagogiques privilégiant l'oral,  et une validation situant l'élève sur une échelle de compétences en fin de scolarité obligatoire. Le cadre de référence existe à l'échelon européen, il est imparfait mais il peut être amélioré. L'anglais n'a pas à être enseigné partout dès l'école primaire pour tenir compte des situations locales et des proximités frontalières, sachant que la diversification des langues ne peut s'envisager qu'avec le souci de continuité entre l'école et le collège. 

        3 et 4. Rappel des principes du processus continu de l'orientation, de la souplesse et du droit à l'erreur des élèves. Le collège doit permettre la construction non pas d'un projet professionnel mais plutôt du projet d'orientation. L'UNSA Education est contre toute idée d'orientation précoce, c'est-à-dire intervenant avant la fin de la scolarité obligatoire. A partir de la 5ème les élèves entrent dans le cycle de la diversification qui garantit pour tous le socle des connaissances indispensables et la découverte la plus large possible des domaines professionnels et des métiers. Cela nécessite un travail d'équipe chez les enseignants en collaboration avec les CIO, cela nécessite une formation spécifique des enseignants. Le dossier scolaire de l'élève doit être une "feuille de route" prenant en compte toutes ses capacités et options.

        5 et 6. la formation continue des adultes est réalisée de façon marginale par l'Education Nationale malgré la loi d'orientation de 89. Cela est dû au fait qu'elle fonctionne sur le principe du volontariat, mais cela constitue en même temps un grand gâchis dans l'utilisation des locaux et des plateaux techniques des établissements scolaires.. Il faut donc inscrire la formation continue dans les projets d'établissement, faire en sorte qu'elle fasse partie de l'horaire des enseignants et lui donner un caractère d'obligation. Il faut mutualiser les moyens et créer des lycées polytechniques qui assureront l'enseignement technologique, l'enseignement professionnel et l'apprentissage.

 

table ronde n° 3 : les premiers apprentissages (5 novembre 2004)

L'UNSA Education était représenté par Christian Chevalier, Stéphanie Valmaggia pour le SE et Michel Volckcrick

Les questions :

        1. Sur l'école maternelle : le projet d'intégrer la grande section au cycle des apprentissages de base vous paraît-il contribuer à une clarification 

de sa fonction ?

        2. Sur la continuité école / collège, voyez-vous des avantages à un cycle allant du CE2 à la 6ème ?

        3. La classe comme unité de groupement des élèves peut-elle rester la seule forme d'organisation pédagogique ? La classe ainsi conçue est-elle compatible avec la logique pédagogique des cycles ?

        4. Les écoles maternelles et élémentaires constituent près de 52000 unités d'éducation (enseignement public). Est-il nécessaire d'adapter l'organisation de l'école primaire pour faciliter le fonctionnement attendu d'elle aujourd'hui ?

  Les positions de l'UNSA Education :

        1. L'école maternelle a du sens et la grande section a toute sa place dans l'école maternelle. L'UNSA va plus loin que le rapport Thélot et souhaite voir l'obligation scolaire étendue dès l'âge de 3 ans. La scolarisation à 2 ans doit constituer une priorité dans les secteurs défavorisés et être possible dès que les parents le demandent.

        2. Si la rupture existe de fait entre l'école et le collège, la réalisation d'un cycle des approfondissements allant du CE2 à la 6ème avec des programmes, des approches pédagogiques et des procédures d'évaluation identiques l'atténuerait sans aucun doute. 

        3. L'UNSA Education s'inscrit dans la continuité de la loi d'orientation de 89 et dans la logique des cycles. Les cycles ne sont pas un échec, ils impliquaient des modifications importantes dans les pratiques des enseignants qui nécessitent du temps. Les cycles ne sont pas à abandonner, ils sont au contraire à renforcer. Là encore cela suppose un travail d'équipe renforcé qui doit se concevoir avec les membres des RASED pour les élèves les plus en difficulté.

        4. Tout le monde reconnaît la nécessité de faire évoluer le premier degré, mais le passage aux réseaux d'école ou à l'établissement public du premier degré heurte encore beaucoup les sensibilités.

 

conclusion : 

Ces réunions de concertation organisées par le cabinet du ministre avec une représentation équilibrée de toutes les organisations syndicales n'auront peut-être pas l'impact que certains pourraient attendre. La loi n'est certainement pas rédigée et l'ouverture de certaines questions montre que tout n'est pas joué. Le rapport Thélot dans ses propositions a suscité des réactions diverses. Mais les membres du cabinet du ministre l'utilisent  avec une distance qui laissent de l'espoir. La loi d'orientation de 89 ne sera peut-être pas abandonnée dans ses fondements

L'UNSA Education a produit un rapport  pertinent avec des propositions qui semblent convenir au ministère. Il reste au SI.EN à les prendre en compte pour faire évoluer le système éducatif dans le bon sens, c'est-à-dire dans l'intérêt de tous les élèves.