Communiqué de presse du SI.EN-UNSA Education

Dernier avatar du fantasme normatif du ministre de l’Education nationale : mettre en place des « leçons de mots ». Faut-il encore s’indigner de cette initiative qui ne fait que s’inscrire dans une logique annoncée et qui marque, une fois encore, la superbe indifférence de M. De Robien face aux réactions unanimes que suscitent ses affirmations à l’emporte-pièce ?

Tout a été dit à ce jour : la méconnaissance évidente du ministre face à la réalité de l’école, son mépris indiscutable du travail des enseignants et plus encore des chercheurs qui ne partagent pas son dogme, son total rejet de tout ce qui ne s’inscrit pas dans sa démarche réactionnaire, sa bienveillance coupable à l’égard de groupuscules à l’idéologie où le passéisme le dispute à l’élitisme…

Si certains propos ont pu choquer par leur agressivité, les discours les plus mesurés n’ont pas pour autant été mieux entendus. Ainsi, à l’indifférence du ministre face aux réactions que suscitent ses affirmations sans nuance, nous ne pouvons à notre tour que répondre par l’indifférence à ses propos.

M. De Robien s’est en effet disqualifié lui-même en tant que pilote du système éducatif. Sa seule préoccupation est manifestement de s’entendre dire que tout va bien, que ses réformes sont légitimes et que les enseignants les mettent en oeuvre comme un seul homme, guidés dans leur adhésion à la pensée ministérielle par des inspecteurs convaincus et zélés. Il faut dire que les remontées du terrain, soigneusement sélectionnées et renforcées par les propos haineux de ceux qui ne jurent que par l’incompétence des professeurs, pourraient laisser croire à l’adhésion des foules… alors que la plupart des enseignants restent à l’écart de cette agitation médiatique, continuant d'exercer leur métier avec intelligence, aidés dans cette tâche noble par les inspecteurs qui en connaissent parfaitement la complexité.

Certes l’école se doit d’aider chaque élève à réussir au mieux. Qui contesterait aujourd’hui que la maîtrise de la lecture, l’aisance en grammaire, la compréhension des mathématiques et la familiarité avec un vocabulaire riche et varié sont au coeur des préoccupations de tout enseignant ? La reconnaissance de leur engagement et de leurs compétences professionnelles devient dès lors la seule réponse cohérente et légitime. C’est du reste celle de la grande majorité des parents qui, malgré les manipulations d’informations, continuent d'affirmer leur confiance dans l’école.

Pour eux, pour les élèves, nous devons tous continuer à nous mobiliser et à rechercher les solutions les plus adaptées pour prendre en compte la diversité des situations individuelles.

Le SI.EN-UNSA Education continuera à se mobiliser pour que l’école réponde toujours mieux aux besoins des élèves et aux demandes des parents. Il affirme son total respect du travail des enseignants et exhorte le ministre à mettre enfin un terme à sa frénésie normative.

Le système éducatif a en permanence besoin de réformes pour mieux s’adapter aux évolutions de notre société. Les enseignants et les inspecteurs sont parfaitement conscients de cette nécessité. Le rôle d’un ministre de l’Education nationale serait, à notre sens, de mobiliser les uns et les autres au service de la jeunesse de notre pays.

Malheureusement, conscient de son incapacité à susciter l’adhésion, notre ministre actuel préfère user de menaces pour obtenir la soumission. Unis et solidaires nous continuerons d'affirmer haut et fort que l’école, ses élèves et ses enseignants méritent mieux que les gesticulations médiatiques qui remplacent aujourd’hui la réflexion pédagogique.

Contact : Patrick ROUMAGNAC
Secrétaire Général du SI.EN-UNSA Education
01.43.22.68.19
sien@unsa-education.org