Le projet de Plan de Travail Académique 

des corps d'inspection

 Contribution du SI-EN UNSA Education 59

 

1. la méthode

 Si l'on considère que le PTA est un document formel, un pensum sans impact sur les pratiques des corps d'inspection, il est évident que la méthode importe peu et que l'absence de concertation dans la phase d'élaboration est sans conséquence. Il est vrai que, depuis sa création, le PTA n'a jamais jusqu'alors été véritablement un outil pour organiser et optimiser les missions des corps d'inspection. De la même manière que le projet d'établissement est encore trop souvent un document formel non utilisé dans les pratiques au quotidien, le PTA est rapidement rangé dans un tiroir pour n'en sortir au mieux qu'une fois par an. Mais l'académie de LILLE pourrait peut-être donner l'exemple d'un PTA qui soit un véritable outil et un levier pour l'amélioration de la réussite scolaire.  

Nous pensons quant à nous au SI-EN UNSA Education, et c'est la raison pour laquelle nous avons sollicité la communication du projet, que le PTA oriente le travail des inspecteurs, fixe des priorités, définit les missions relatives au projet académique. Nous pensons qu'il a naturellement des répercussions sur les missions départementales (référence nécessaire dans les lettres de mission en cours de rédaction). Il aura aussi  une grande importance par rapport au problème préoccupant de l'évaluation des inspecteurs, pour laquelle il peut constituer un référentiel en complément de la liste de nos missions statutaires.  

Nous regrettons donc que la méthode n'ait pas fait l'objet d'une concertation et que les IEN du premier degré aient été oubliés voire ignorés. Nous savons que l'inspecteur d'académie du Nord a apporté une contribution importante allant dans le sens d'une plus juste place pour le premier degré et nous l'en remercions, mais nous considérons que l'IA-DSDEN, aussi compétent et aussi ouvert au dialogue soit-il, ne peut être considéré comme le représentant des IEN. De même que les IA-IPR et les IEN-ET ont été consultés, il est normal que les IEN du premier degré le soient.  

Nous espérons qu'au cours des travaux de régulation de la mise en œuvre de ce plan, notre professionnalisme et l'importance de notre place dans le fonctionnement de l'institution seront mieux reconnus.  

2. le fonctionnement de l'institution

 2.1. PTA et projet académique

Il nous semble souhaitable que les objectifs du projet académique soient mis en valeur, lisibles (graphie ou encadrement), facilement repérables…afin d'afficher la cohérence des politiques académiques.  

2.2. Rapports Recteur / IA DSDEN / inspecteurs

Dans un paragraphe, page 6, on lit: "la politique académique arrêtée par le recteur est relayée au plan départemental par les IA-DSDEN". Pourquoi cette indication importante ne figure-t-elle que dans le chapitre action culturelle, alors que l'articulation département / académie nécessiterait une définition précise plus générale? Précisons que, pour nous, cette question ne concerne pas que les IEN du premier degré, elle concerne également les IA-IPR.  

2.3. Bassin

Le niveau du bassin est rappelé formellement comme un lieu d'impulsion, mais il conviendrait de préciser la place de tous les corps d'inspection à ce niveau, la place des districts dans ce dispositif et les attentes précises du recteur.    

2.4. Rapports avec l'IUFM

Alors que le rôle des inspecteurs dans la formation apparaît à plusieurs reprises, le problème des rapports avec l'IUFM n'est pas traité, l'IUFM n'est même jamais cité… La place des inspecteurs dans les instances de l'IUFM et dans les instances académiques chargées de la formation continue, pourrait être définie.    

3. les problèmes fondamentaux

 3.1. Les rapports entre les résultats des évaluations élèves et les résultats aux examens, et l'évaluation des pratiques pédagogiques

C'est une des questions les plus importantes par rapport à l'exercice du métier d'inspecteur (IEN et IA IPR). Elle est abordée dans l'introduction du PTA mais de manière superficielle. Suggérer d'améliorer ou de développer l'exploitation des résultats peut être considéré comme un vœu pieux si

1° on n'analyse pas le fait que le développement considérable des évaluations n'a, à l'évidence, pas été jusqu'à présent un facteur d'amélioration des performances

2° on ne s'engage pas, tous corps d'inspection confondus, dans une réflexion sur les pratiques pédagogiques qui produisent ces résultats, même si l'on sait bien que l'école ne peut porter seule la responsabilité des difficultés d'apprentissage et que le poids de l'environnement socioculturel est considérable.

Cette question qui fait débat actuellement (cf rapport de la commission parlementaire PERISSOL) pourrait faire l'objet d'une réflexion académique.

 3.2. Les rapports entre l'évaluation des pratiques et les audits

La campagne d'audits, actuellement contestés et contestables, apparaît comme plaquée, sans rapport avec les politiques académiques, faute de concertation et faute de communication. Puisqu'il s'agit d'une autre entrée dans l'évaluation du système, il ne suffit pas de la reconduire mécaniquement, il est indispensable de notre point de vue de la redéfinir et de la mettre en perspective avec l'ensemble des procédures d'évaluation du système.

 3.3. La place du territoire et des partenariats

C'est un domaine totalement absent du PTA.

Or les contrats (contrat de réussite REP, Contrat Local d’Accompagnement Scolaire, Contrat Educatif Local, Programme de Réussite Educative…) nécessiteraient pour le moins une mise à plat, une réflexion et des propositions de régulation.

Par ailleurs, avec la décentralisation, se développent des activités hors de l'école mais pouvant apporter de nouveaux savoirs ou contribuer à la réussite de certains apprentissages. Les corps d'inspection sont partie prenante dans les relations avec les collectivités territoriales, ils sont sollicités comme conseillers techniques pour des politiques éducatives. Les projets d'établissement font état d'initiatives multiples allant dans le sens de l'ouverture de l'école…encore faudrait-il les valoriser et s'assurer qu'elle sont pertinentes.  Il serait important que cette question soit au moins mentionnée et puisse faire l'objet d'une réflexion.   

4. les observations ponctuelles

 4.1. Développer l'ELV

§ 2.1. Préciser la place du premier degré, l'importance de la continuité pédagogique (en 6ème, prise en compte des enseignements antérieurs)

 4.2. Conforter les enseignements scientifiques

§ 2.2. L'école primaire est absente de ce paragraphe ce qui est choquant dans la mesure où les savoirs acquis sont importants. La construction de la culture scientifique ne commence pas à l'entrée en 6ème ,  le Plan de Rénovation de l’Enseignement Scientifique et Technologique a relancé une dynamique qui nécessiterait une certaine cohérence avec le second degré.  

4.3. Maîtriser les TIC

§ 2.3. L'école primaire est ignorée alors que le B2I y est validé.

 4.4. L'action culturelle

§ 2.4. Dans la perspective du développement d'actions partenariales (cf point 3.3. ci-dessus), il serait utile de souligner l'importance de la connaissance et de l'exploitation des ressources locales et, par conséquent, de conseiller aux corps d'inspection d'y être attentifs.

 4.5. Le Pôle Académique de Soutien à l'Innovation

§ 2.5. Une fois de plus, le premier degré est ignoré. Or, c'est sans aucun doute à ce niveau que l'on trouve le plus de pratiques innovantes et expérimentales à valoriser, à soutenir, à accompagner. Cet accompagnement serait particulièrement nécessaire au moment des ruptures (ex: école/collège). Trop d'innovations intéressantes disparaissent à ce niveau.  

4.6. Diversifier les parcours

§ 3. Le chapitre commence par "l'alternance au collège"…. Comme si la prise en compte de l'hétérogénéité n'était pas déjà un enjeu en amont… Nous proposons un § 3.1 consacré à la prise en compte de l'hétérogénéité à l'école maternelle et à l'école élémentaire : réduction de l'enseignement collectif frontal, recherche de stratégies garantissant un minimum de qualité de l'enseignement

 4.7. L'implication des corps d'inspection

Cf la conclusion. Il est vraiment dommage que la notion d'implication des corps d'inspection soit polluée par la question visiblement ajoutée en dernière minute de l'hygiène et de la sécurité qui pourrait trouver sa place ailleurs.  

5. la mise  en œuvre et le suivi

 Nous souhaitons  que dans la conclusion, page 11, ayant distingué la question de l'implication et celle de l'hygiène et de la sécurité, on définisse la fonction du PTA et une méthode pour le suivi et la régulation:

- groupe de suivi?

- bilan annuel sur quelques points prioritaires?

- communication? Information spécifique pour l'ensemble des corps d'inspection, par exemple avec un RectoIA utile?    

Pour le SI-EN UNSA Education 59  
Pierre  FRACKOWIAK  
Le 7/05/2005